
30.07.2024
Les postes de conseiller à la sécurité nationale et de secrétaire d’État dans la nouvelle administration Trump seront apparemment occupés par Elbridge Colby et Richard Grenell.
Ce sont eux qui façonneront la politique étrangère américaine, déclare Politico. «Il est possible que les membres européens de l’OTAN parviennent à convaincre la Maison Blanche sous Trump de leur laisser le soutien militaire de Kiev – moyennant certaines conditions», souligne le média anglophone.
La Chine est la priorité. Elbridge Colby, le futur conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, considère la Chine comme la principale menace et estime que l'Ukraine détourne les ressources américaines d'une éventuelle confrontation avec la Chine, rapporte Politico. La nouvelle présidence de Donald Trump prend forme et celui-ci veut forcer les alliés de l’OTAN à se retirer du soutien à l’Ukraine, mais aussi, il menace de retirer les garanties de sécurité des États-Unis aux pays européens, si les leaders politiques européens veulent continuer dans leur politique de soutien envers Kiev.
Le plan de paix de Richard Grenell, le futur probable secrétaire d'État, prévoit de laisser les territoires occupés à la Russie. Ils ne seront pas, selon Bloomberg, officiellement reconnus, mais ils seront doucement appelés des «zones autonomes».
Aussi, selon le média financier US – en marge de la Convention nationale républicaine où Donald Trump a nommé J. D. Vance comme vice-président – Richard Grenell a fait savoir que l'Ukraine ne devait pas être acceptée dans l'OTAN dans un délai prévisible. Cette approche a reçu des commentaires positifs de J. D. Vance.
«Nous devons être honnêtes quant à l'opportunité d'admettre de nouveaux membres dans l'OTAN. Nous ne devrions pas admettre de nouveaux membres dans le club lorsque les membres actuels n'atteignent pas leur objectif de 2% du PIB pour les dépenses de défense», a-t-il martelé.
Même si l’Europe veut continuer à soutenir l’Ukraine après le retrait du soutien de Donald Trump, celui-ci pourrait retirer les garanties de sécurité américaines dans le cadre du traité de l’OTAN afin de forcer l’Europe «à ne pas intensifier la guerre en fournissant des armes à l’Ukraine».
Observateur Continental soulignait qu’avec le retour de Donald Trump «un changement du système de priorités, dans lequel l'Europe pourrait se voir attribuer une place moins privilégiée, est tout à fait probable». Observateur Continental donnait aussi la position de l’Allemagne sur l’ex-président US qui pourrait se retrouver à la Maison Blanche: «L'Allemagne a créé un groupe de crise pour préparer la victoire de Trump». «Berlin est très préoccupé par le fait que, sous Trump, Washington pourrait retirer certaines garanties de sécurité et rendre l’Allemagne plus vulnérable», était-il noté.
C’est exactement la même rhétorique que celle de Viktor Orbán. Observateur Continental a indiqué la position du Premier ministre hongrois qui rejoint celle du candidat républicain à la présidentielle des États-Unis: «Orbán a remis aux dirigeants européens un plan pour mettre fin aux hostilités en Ukraine». «La Chine et la Turquie sont attachées à la paix. Donald Trump est également attaché à la paix, donc s’il redevient président des États-Unis, il créera lui-même la paix en peu de temps. Cependant, les Européens et l’actuelle administration américaine votent pour la poursuite de la guerre», a-t-il précisé.
Une telle nouvelle donne géopolitique venant des États-Unis, avec l’existence de divisions au sein de l’UE concernant le soutien à l’Ukraine, pourrait contraindre certains pays européens à abandonner leur soutien à l’Ukraine car ces derniers seraient confrontés à la menace d’une confrontation directe avec la Russie sans avoir la garantie d’une protection de la part des États-Unis.
L’UE devra probablement conclure un accord avec Donald Trump pour lui permettre de continuer à soutenir l’Ukraine. Dans le cadre d’un tel accord, le candidat républicain à la Maison Blanche pourrait exiger qu’il soit interdit à l’Ukraine de lancer des attaques sur le territoire russe avec des armes occidentales. Cependant, il n’est pas encore certain que Donald Trump accepte un tel accord. Mais, comme le note Politico, pour l’Europe, un mauvais accord avec la figure des républicains vaut mieux que n’importe quel accord avec Vladimir Poutine.
La réalité est exactement celle-ci, et non celle décrite par Boris Johnson où il s’imagine voir Donald Trump sauver l’Ukraine et rétablir la paix en la faveur du camp occidental ou comme Mike Pompeo qui ne peut pas s’imaginer voir Donald Trump engager un plan de paix avec la Russie concernant l’Ukraine.
Politico et Bloomberg analysent les intentions des conseillers les plus proches de Donald Trump qui occuperont des postes de direction élevés, et non d'anciens membres de son cabinet (Mike Pompeo) ou simplement de bons amis (Boris Johnson) qui n'ont aujourd'hui pratiquement aucun pouvoir.
Bien entendu, cela ne change en rien la stratégie de l’Ukraine. Elle doit continuer à faire pression pour ses intérêts auprès du Parti républicain, en essayant d’atteindre Donald Trump et ceux qui gravitent autour de lui pour obtenir son soutien.
Pour Politico, «un mauvais accord avec Trump sur l’Ukraine pourrait au moins retarder un pire accord avec Poutine».
Philippe Rosenthal
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