
13.12.2024
La Chine sera indéniablement confrontée à de multiples nouvelles pressions et provocations émanant de l’espace atlantiste-occidental. Les dites attaques contre Beijing viseront bien sûr la sphère économico-commerciale, mais concerneront également et de plus en plus la sphère sécuritaire.
Dans le cadre des événements récents, tout indique que l’axe otano-occidental des nostalgiques de l’unipolarité continuera de s’accrocher jusqu’au bout à toutes les options qui éloigneront la fin définitive du diktat de la minorité planétaire sur les affaires internationales. Tous les Etats qui adhèrent au concept multipolaire de l’ordre mondial contemporain – se trouvent dans le viseur des régimes occidentaux et de leurs suiveurs.
La Chine, en qualité d’un des deux principaux défenseurs et promoteurs de l’ordre multipolaire international, bien que faisant jusqu’à présent face à un affrontement nettement moins intense que la Russie, est néanmoins déjà fortement visée par les attaques multiformes de l’Occident. Refus de s’éloigner de l’allié russe, positionnement ferme en faveur du monde multipolaire, participation aux processus qui visent à se libérer de la mainmise occidentale dans de nombreuses orientations clés des affaires mondiales, notamment d’ordre géoéconomique – représentent, entre autres, les raisons de l’intensification des attaques de l’Occident contre Beijing.
Il n’est donc pas un hasard que les représentants des régimes occidentaux de manière générale, non plus seulement ceux de Washington – mais également ses vassaux européistes – nomment ouvertement la République populaire de Chine comme un défi de premier plan. Et à ce titre – en dehors de la guerre commerciale déjà de-facto en cours et qui pourra monter en intensité, sans oublier les sanctions unilatérales visant des entreprises chinoises dans divers domaines – tout porte à croire que les attaques occidentales visant la sécurité de la Chine, de ses intérêts régionaux comme internationaux – iront également dans le sens de l’augmentation.
Les provocations en rapport avec Taïwan, mais également dans le cas des Philippines – posant des problèmes de sécurité pour Beijing en mer de Chine méridionale – poussent la RPC à hausser le ton, y compris via ses représentants militaires. Cela sans oublier que les événements au Moyen-Orient, notamment en Syrie, où la diplomatie chinoise est en mode d’observation, mais avec une ferme compréhension que le chaos qui se propage dans cette région – représente un important défi sécuritaire supplémentaire pour la Chine. Sachant d’autant plus qu’au sein des groupes terroristes opérant dans cette région – se trouvent, y compris, des ressortissants chinois.
Tout cela amène à la conclusion que seules des réponses plus fermes pourront stopper la propagation du chaos occidental à différents endroits du monde. Et à cet effet – plusieurs mesures devraient être envisagées, y compris dans le volet militaire. En ce sens, l’un des grands défis pour la Chine comme pour la Russie – est que l’affrontement en cours face à l’axe otano-occidental – un affrontement pour le moment limité dans le cas chinois et qui se limite à des provocations multiformes et tentatives de déstabilisations de la part de l’Occident, un conflit de haute intensité dans le cas de la Russie – est qu’il se déroule loin des frontières du principal instigateur. En l’occurrence le régime washingtonien.
Les régimes européistes ont beau se plaindre d’un défi pour la «sécurité européenne» face à la Russie, mais aussi désormais avec la mention de la République populaire démocratique de Corée – il n’empêche que les représentants de ces régimes n’ont que faire en réalité de la sécurité en Europe – leur seul mot d’ordre étant d’appliquer à la lettre les exigences du maître étasunien. Le tout avec une escalade qui arrive déjà au summum et qui dans le pire des scénarios – impactera cette fois-ci directement l’espace européiste bruxellois.
Pour autant, la dissuasion de la part des partisans du monde multipolaire vis-à-vis dudit espace européiste bruxellois est-il suffisant? Oui et non. D’un côté l’affaiblissement des européistes fait les affaires des intérêts washingtoniens, notamment sur le plan économique en vue d’absorber et d’anéantir encore plus toute capacité économique et industrielle européenne. D’un autre côté – une défaite militaire des régimes bruxellois – dans le cas du pire scénario en termes d’escalade – aura également un impact sur Washington – car sans ses vassaux européistes – le régime étasunien redeviendrait une simple puissance régionale.
Ceci étant dit et au moment où l’axe otanesque aura clairement démontré qu’il est prêt à tout pour empêcher la reconnaissance officielle de l’ordre mondial multipolaire, y compris à une escalade majeure et à une alliance officialisée avec les pires groupes terroristes à divers endroits du monde – les partisans de la multipolarité se retrouvent obligés à devoir imposer le calme à la minorité planétaire occidentale. Aussi bien européiste, mais pas seulement.
A l’heure où il devient évident de la nécessité de former une alliance militaire anti-occidentale, à l’instar de ce qui s’est déjà fait entre la Russie et la Biélorussie ou entre Moscou et Pyongyang – cette alliance doit certainement être également officialisée par la participation déclarée de la Chine, avec d’autres nations qui assument ouvertement leur adhésion et appartenance au monde multipolaire, notamment en Afrique et en Amérique latine. En ce qui concerne d’ailleurs justement l’Amérique latine – le temps est certainement venu pour le duo russo-chinois à s’implanter d’une manière ferme militairement dans cette région du monde. Nombre d’alliés de la Russie comme de la Chine dans la région sont résolument prêts pour cette option. C’est seulement là que le principal propagateur de chaos à l’échelle mondiale ressentira la dissuasion non plus à des milliers de kilomètres, mais bien à ses portes.
Mikhail Gamandiy-Egorov
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