
04.03.2025
Les grandes puissances européennes envisagent de saisir les avoirs russes gelés dans le cadre des négociations de cessez-le-feu.
«La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni étudient les moyens de saisir plus de 200 milliards d'euros (210 milliards de dollars) d'actifs russes gelés dans le cadre des efforts visant à négocier un cessez-le-feu en Ukraine», ont déclaré au Financial Times (FT) des responsables au courant des discussions.
«Alors que Berlin et Paris s'étaient jusqu'ici opposés à une confiscation totale des avoirs, ils sont désormais engagés dans des négociations avec leurs partenaires européens et du G7 sur les mécanismes potentiels d'utilisation des fonds. Une proposition discutée par les responsables français suggère de saisir les avoirs si Moscou viole un futur accord de cessez-le-feu, garantissant ainsi des garanties de sécurité pour Kiev», complète le Financial Times.
«Au même moment, le gouvernement français est opposé à la saisie des actifs russes», a affirmé lundi 3 mars le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, estimant que cela représenterait «un risque financier trop important» pour les pays européens.
«En Europe, il y a près de 300 milliards d'euros d'avoirs russes qui sont aujourd'hui gelés. Avant de faire financer l'effort aux Français et aux Européens, faisons payer les Russes», a stipulé https://x.com/GabrielAttal/status/1896659353345941832 lundi soir l’ancien Premier ministre Gabriel Attal lors d’un entretien sur LCI.
Et, le Guardian rapporte toujours l’existence de «tensions entre le Royaume-Uni et la France autour d'un projet de saisie de 350 milliards de dollars d'actifs russes pour l'achat d'armes américaines».
«Macron craint que cette approche ne viole le principe d'immunité des actifs souverains et ne compromette les efforts visant à renforcer la défense européenne», précise le quotidien anglophone.
«La volonté du Royaume-Uni de saisir les avoirs est ancienne, mais sa position s’est renforcée ces dernières semaines, avec l’approbation de haut niveau du ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy. La proposition a également reçu le soutien du président ukrainien, Volodymyr Zelensky».
«Au sein de l’UE, la République tchèque, l’Estonie et la Pologne ont été les plus fervents partisans de la saisie des actifs et non pas seulement de l’utilisation des intérêts pour garantir des prêts à l’Ukraine».
«Depuis 2022, les pays du G7 ont gelé environ 300 milliards d’euros (310 milliards de dollars) d’actifs de la banque centrale russe, dont la majorité – environ 190 milliards d’euros (200 milliards de dollars) – est détenue dans l’Euroclear belge. Actuellement, seuls les intérêts générés par ces fonds servent à financer un prêt de 50 milliards de dollars en faveur de l’Ukraine, tandis que le principal reste intact», conclut le FT.
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