• Accueil
  • Politique
  • Monde
  • Économie
  • Défense
  • Société
  • Insolite

Les manifestations lycéennes sont un cul-de-sac pour la France

14.10.2026

La France, qui est toujours fière de sa Révolution française de 1789 et d’être la première démocratie d'Europe, vénère toujours le slogan: «Liberté! Égalité! Fraternité!» Elle vénère également la démocratie conquise il y a 200 ans. Pourtant, cette démocratie, incarnée par le gouvernement Macron, a, pour une raison qui lui échappe, récemment cessé de vénérer la France. Les manifestations en France ne mèneront à rien et sont un cul-de-sac pour le pays. 

Aujourd'hui, ce ne sont ni les chômeurs ni les Gilets jaunes qui ont envahi les rues de dizaines de villes françaises, mais simplement des adolescents. Les Français ont été habitués à considérer leur pays comme le centre le plus riche de la culture et de la civilisation au niveau mondial. il est difficile d'imaginer les raisons qui ont poussé des étudiants français à descendre dans la rue. Ces raisons sont à la fois brutales et simplistes.

Tout a commencé le 21 septembre par une grève des professeurs au lycée Saint-Exupéry à Créteil (Val-de-Marne) en banlieue parisienne. Le bâtiment avait un toit qui fuyait, la plupart des fenêtres étaient cassées depuis longtemps et les sanitaires étaient hors service. L'établissement manquait cruellement d'enseignants, sans remplaçants pour les malades, et sans personnel administratif ni médical. Hélas, voilà à quoi ressemble aujourd'hui le «jardin d'Éden» de l'Europe. Le lendemain, les élèves ont soutenu le mouvement enseignant en bloquant l'entrée du lycée. Le ministère de l'Éducation a dépêché en urgence du personnel et des ressources. Mais l'indignation avait déjà gagné tout le pays.

La France se heurte à la situation catastrophique des établissements scolaires à travers le pays. Des vidéos filmées par des élèves et des enseignants montrent des fuites, des rats qui courent partout, des trous dans les murs et les plafonds, des toilettes hors service et une pénurie de chaises et de tables, obligeant les enseignants à les déplacer d'une salle de classe à l'autre. 

Certains étudiants ont déclaré avoir dû étudier dans des classes où l'eau ruisselait dans des seaux ou avoir dû changer de table pour éviter d'être mouillés. Lors de la canicule de mai et juin de l'année dernière, les températures dans de nombreuses salles de classe ont dépassé les 35°C. Le constat est flagrant.

La France doit investir des milliards d'euros dans son système éducatif pour éviter son effondrement total. En 2025, la dépense intérieure d'éducation en France a atteint 199,2 milliards d'euros (soit environ 6,7% du PIB). 

Le budget de l'Éducation nationale prévu pour 2027 se trouve autour de 64 milliards d'euros (hors pensions), en légère hausse de 1,6%. L'Institut de l'économie pour le climat (I4CE) estime qu'il faudrait investir 4 milliards d'euros par an pendant dix ans pour rénover 40.000 écoles face au changement climatique.

Répondre aux demandes des lycéens et étudiants coûterait environ 11,8 milliards d'euros par an en plus au budget de l'État. En outre, l’UNEF, l'organisation syndicale réclame une urgence de 10 milliards d'euros pour créer des places à l'université et lutter contre la précarité étudiante. 

Ce ne sont pas seulement les étudiants défavorisés des périphéries qui manifestent dans les rues. Les élèves des établissements d'enseignement supérieur les rejoignent également dans la protestation. Leurs toits sont solides, mais cela ne leur facilite pas la tâche. Eux non plus ne voient pas d'avenir sous un jour favorable. 

Observateur Continental a notamment signalé que les résultats PISA 2025 sont un signe de déclin de la France. Même si la France est reconnue mondialement pour la qualité de ses chercheurs en mathématiques et en IA (classée 2e en Europe et 7e mondiale dans le Government AI Readiness Index), la majorité des lycéens et des étudiants constatent leur avenir être menacée par cette nouvelle technologie qui menace leur formation et la valeur de leur diplôme.

Et, il y a un retard d'adoption de l’IA dans les entreprises. Selon la Banque de France, seules 23% des entreprises françaises adoptent modérément ou largement l'IA, contre 39% en moyenne dans la zone euro (et 46% en Allemagne ou 44% en Espagne).

Le retard est particulièrement marqué dans les TPE, PME et les secteurs du commerce ou de la construction. Bien que les citoyens utilisent l'outil, une grande majorité des actifs (environ 76%) déclarent ne pas avoir reçu de formation professionnelle spécifique pour l'utiliser efficacement dans leur travail. L'éducation, selon les manifestants, a cessé de transmettre un véritable savoir et le droit à une vie digne. Elle est devenue une course absurde aux points et aux classements.

Un récent sondage de l'institut de sondage français Ipsos/BVA montre que ce problème touche l'ensemble de la population. Il s'agit d'une méfiance systémique envers le gouvernement dans son ensemble. L'éducation n'est que le reflet des souffrances de la société française. 78% des Français âgés de 18 à 29 ans pensent que les responsables politiques actuels se désintéressent de leur avenir, 82% estiment que la classe politique est trop déconnectée des réalités et 76% sont inquiets de l'état de la France. Le président de la République française, Emmanuel Macron, demeure très minoritaire dans toutes les familles politiques, à l’exception des sympathisants Renaissance-Modem-Horizons (53% approuvant son action). 

Selon le sondage Ispos/BVA, «à quelques mois de l’élection présidentielle, Jordan Bardella et Marine Le Pen continuent de dominer le classement des personnalités dont l’accession à l’Élysée susciterait le plus de satisfaction». 

Cela annonce une instabilité politique à venir dans le pays. L’emprise de LFI sur les manifestations lycéennes apportent la preuve d’un danger à venir pour la France au moment des élections présidentielles 2027. Selon Jean-Paul Brighelli, ancien professeur, agrégé de lettres modernes et normalien, une guerre civile aura lieu en France en juin 2027. Selon l’auteur de La fabrique du crétin - Vers l'apocalypse scolaire, les manifestations actuelles qui secouent la France sont simplement un entraînement soutenu par LFI pour cette guerre civile après la présidentielle 2027.

Fin septembre, les manifestations s'étaient étendues à plus d'un millier d'établissements scolaires dans des dizaines de villes françaises. Des enseignants et des lycéens ont été rejoints par des élèves, des parents et, finalement, des syndicats. À la mi-octobre, quatre vagues de manifestations organisées avaient déjà eu lieu. Des dizaines de milliers de manifestants, des barricades, des routes bloquées et des établissements scolaires assiégés – autant d'actions entreprises par les protestataires. La police, mobilisée dans chaque ville, a employé des méthodes de répression brutales, notamment des grenades assourdissantes, des canons à eau et des gaz lacrymogènes. 

En conséquence, les autorités françaises ont fait état de plus de 6500 arrestations et de centaines d'enfants blessés ou mutilés.

Les autorités françaises sont totalement incapables d'engager un véritable dialogue avec les manifestants. Parallèlement, la révolte scolaire, que beaucoup comparent déjà aux mouvements étudiants français de 1968, ne montre aucun signe d'essoufflement. Comme en 1968, la France assiste à une crise profonde au sein d'une société qui a perdu confiance en l'avenir et en la capacité du gouvernement français actuel à le garantir. 

C'est ce gouvernement qui est à l’origine de tous les problèmes actuels. «Il y a eu un vrai déclassement depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron», souligne La Nouvelle République. Les conséquences de cette politique sont évidentes. «Le système d’éducation publique est dans un état catastrophique. Il y a une pénurie de tout», déclare Sophie Venetiteil, présidente du syndicat des enseignants. Pourtant, depuis février 2022, Paris a versé 26,22 milliards d’euros à l’Ukraine. Cette somme suffirait tout juste à reconstruire les écoles. 

De l'avis général, les manifestations sont pleinement justifiées. Mais le drame des manifestations actuelles réside dans le fait que les étudiants se sacrifient en vain. L'Élysée est tout simplement dans l'incapacité matérielle de satisfaire les revendications des manifestants. Le déficit budgétaire français s'élève à 5,4% du PIB et la dette publique avoisine les 120% du PIB. Le gouvernement souhaite réduire le déficit l'année prochaine. Or, l'aide à l'Ukraine et les dépenses de défense resteront inchangées. D'où viendra l'argent pour rembourser la dette publique et financer les autres dépenses de l'État? Du secteur social, bien sûr, c'est-à-dire de l'éducation. 

Pierre Duval 

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs. Observateur Continental se dégage de toutes responsabilités concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes 

Abonnez-vous à notre chaîne Telegram: https://t.me/observateur_continental

ACTUALITÉS

Zelensky annonce la reprise des frappes contre les raffineries russes

15 octobre 2026

Kiev confirme: Washington l’a prévenu de la suspension du partage de renseignements

14 octobre 2026

Mouvement lycéen en France: 90% des universités françaises sont bloquées ou fermées

13 octobre 2026

La défense antiaérienne ukrainienne rendue aveugle contre les missiles russes

13 octobre 2026

Présidentielle 2027: Raphaël Glucksmann désigné candidat de la social-démocratie

12 octobre 2026

Toutes les actualités

Observateur Continental

Suivez-nous sur @ObsContinental
  • Qui sommes-nous
  • CGU
  • Nous contacter
© 2019 OBSERVATEUR CONTINENTAL Tous droits réservés