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La chute de l’économie israélienne

08.10.2024

Alors que la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza se poursuit sans relâche, l’économie israélienne est confrontée à une catastrophe. «Les destructions physiques causées par la guerre en Israël ont été minimes, mais une chose a été détruite: son avenir», stipule Shir Hever, chercheuse en économie sur les aspects économiques de l'occupation israélienne des territoires palestiniens et qui a publié de nombreux rapports et études sur le sujet, notamment pour le Centre d'information alternative, une organisation israélo-palestinienne active à Jérusalem et à Beit-Sahour. Elle a rédigé sa thèse de doctorat sur la privatisation de la sécurité en Israël. Son premier livre est L'économie politique de l'occupation israélienne: la répression au-delà de l'exploitation.

«C’est du jamais vu lorsque les gros titres des grands journaux israéliens et les slogans du mouvement du Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) qui a eu pour objectifs de mettre fin à l'occupation et à la colonisation par Israël des territoires palestiniens pris en 1967, sont presque identiques», rapporte Shir Hever. «Aucun État sur Terre n'a été capable d'infliger autant de dégâts à l'économie israélienne que l'État d'Israël lui-même, et le résultat est de plus en plus d'indications selon lesquelles l'économie israélienne est dans une impasse, sans issue tant que l'État reste un apartheid», constate-t-elle signalant que c’est un «État sioniste rejeté par le monde entier, à l’exception des États-Unis et de l’Allemagne», la France les suivant. 

«Lorsque les manifestants israéliens contre le gouvernement portaient une immense pancarte avec le slogan BDS «De la nation en démarrage à la nation en arrêt», ce n'était rien de moins qu'une violation du droit d'auteur», rajoute l’experte, précisant: «Mais c’était en février 2023. Après le 7 octobre, tout a changé». 

L’attaque génocidaire d’Israël contre la bande de Gaza a tué plus de 40.000 Palestiniens, plus de 15.000 enfants, et pourrait bien avoir condamné plus de 146.000 Palestiniens supplémentaires de Gaza à mourir dans les mois à venir de complications de santé dues à des blessures, à la famine ou à la maladie. La guerre a détruit la vie de 2,3 millions de personnes dans la bande de Gaza et de milliers de personnes en Cisjordanie occupée. Selon les estimations de l'ONU, 70% des maisons ont été détruites et il faudra 15 ans pour déblayer les décombres. Néanmoins, il ne fait guère de doute que les survivants palestiniens du génocide, bien que traumatisés, appauvris et pleurant les membres de leur famille et leurs amis perdus, finiront par se reconstruire et se rétablir, quel que soit le temps que cela prendra. 

«Les destructions physiques infligées à Israël par la guerre sont minimes en comparaison, et pourtant une chose a été détruite: l’avenir du pays», martèle Shir Hever car les indicateurs économiques parlent de rien de moins qu’une catastrophe économique. Plus de 46.000 entreprises ont fait faillite, le tourisme s'est arrêté, la cote de crédit d'Israël a été abaissée, les obligations israéliennes sont vendues à des prix proches des «obligations de pacotille» et les investissements étrangers ont déjà chuté de 60% au premier trimestre 2023 (suite à la politique du gouvernement d'extrême droite israélien avant le 7 octobre) et elles montrent aucune perspective de reprise.

La majorité de l’argent investi dans les fonds d’investissement israéliens a été détourné vers des investissements à l’étranger parce que les Israéliens ne veulent pas que leurs propres fonds de pension et d’assurance ou leurs propres économies soient liés au sort de l’État d’Israël. «Cela a provoqué une stabilité surprenante sur le marché boursier israélien, car les fonds investis dans des actions et des obligations étrangères ont généré des bénéfices en devises étrangères, qui ont été multipliés par la hausse du taux de change entre les devises étrangères et le shekel israélien», note Shir Hever, signalant aussi qu’ «Intel a ensuite fait échouer un plan d’investissement de 25 milliards de dollars en Israël, la plus grande victoire du BDS jamais réalisée».

Ce sont tous des indicateurs financiers, mais la crise frappe plus profondément les moyens de production de l’économie israélienne. Shir Hever rappelle: «Le plus grand fournisseur de charbon d’Israël est la Colombie, qui a annoncé qu’elle suspendrait ses expéditions de charbon vers Israël tant que le génocide se poursuivrait». Après la Colombie, les deux plus grands fournisseurs sont l’Afrique du Sud et la Russie. «Sans électricité fiable et continue, Israël ne pourra plus prétendre être une économie développée», avertit l’experte, faisant remarquer: «Les fermes de serveurs ne fonctionnent pas sans alimentation 24 heures sur 24, et personne ne sait à combien de coupures de courant le secteur israélien de la haute technologie pourrait potentiellement survivre». Les entreprises technologiques internationales ont https://www.newarab.com/news/samsung-next-leaves-israel-economy-suffers-gaza-war  déjà commencé à fermer leurs succursales en Israël. 

La réputation d’Israël en tant que «start-up nation» dépend de son secteur technologique, qui à son tour dépend d’employés hautement qualifiés. Les universitaires israéliens rapportent que la recherche conjointe avec des universités étrangères a fortement diminué grâce aux efforts des campements d’étudiants. Les journaux israéliens regorgent d’articles sur l’exode des Israéliens instruits. Le professeur Dan Ben David, un économiste célèbre, a affirmé que l’économie israélienne repose sur 300.000 personnes (les cadres supérieurs des universités, des entreprises technologiques et des hôpitaux). Une fois qu’une partie importante de ces personnes partira, dit-il, «nous ne deviendrons pas un pays du tiers monde, nous ne le serons tout simplement plus». 

Les Israéliens étudient diverses possibilités pour quitter le pays. 

Shir Hever, économiste politique israélien 

Source 

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