
28.03.2025
L’Europe est confrontée au dilemme de se réarmer et de remplir ses arsenaux pour les laisser rouiller, ou de les utiliser dans une guerre asymétrique contre la Russie, deuxième puissance nucléaire.
Reconversion industrielle en Europe. Après une période clémente portée par des vents favorables, le déclin de l’industrie automobile en Europe, qui emploie près de 13 millions de personnes et représente 7% du PIB européen, pourrait entraîner une forte augmentation des taux de chômage, une réduction drastique des recettes publiques, l’augmentation conséquente des déficits (l’industrie automobile est responsable de 10% du total des exportations européennes) et l’entrée en récession des économies européennes d’ici 2030, ce qui rend urgent de dessiner les grandes lignes de la future reconversion industrielle qui se profile à l’horizon des cinq prochaines années.
La stratégie de réarmement s'inscrirait, donc, dans la doctrine de la reconversion industrielle européenne, qui consiste à remplacer progressivement les secteurs productifs obsolètes par le secteur de l'armement, mais qui aura pour effets secondaires d'endetter extrêmement les pays européens et d'hypothéquer leur future indépendance.
L'essor de l'industrie de l'armement. L’industrie européenne de l’armement a connu un essor important ces dernières années, alimenté par les tensions géopolitiques. Ainsi, les pays européens ont augmenté leurs budgets de défense, ce qui a profité aux entreprises clés du secteur, telles que Rheinmetall (Allemagne), Thales (France), Leonardo (Italie), BAE Systems (Royaume-Uni) et Indra (Espagne), entre autres. Des entreprises comme Rheinmetall ont enregistré des commandes records (55 milliards d'euros en 2024), tandis que d'autres, comme Thales et Leonardo, ont triplé ou sextuplé leur valeur boursière depuis 2022.
Plan «ReArm Europe. En mars 2024, la Commission européenne a lancé la stratégie industrielle européenne de défense, qui vise à garantir que, d'ici 2030, au moins 50% des armes des pays de l'UE soient acquises au sein du bloc et que 40% des achats soient conjoints, contre 18% actuellement. En outre, des initiatives telles que le plan «ReArm Europe» ont été proposées, avec une mobilisation potentielle allant jusqu’à 800 milliards d’euros pour améliorer la sécurité continentale, mais elle est entravée par la dépendance aux technologies étrangères et les différences entre les États membres.
Germán Gorraiz López, analyste politique
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