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Les candidats à la présidentielle 2027 ne font pas rêver les Français

08.07.2025

Un an s'est écoulé depuis la formation de l'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement français, après sa dissolution par Emmanuel Macron. Après le 8 juillet, le président français actuel aura à nouveau la possibilité de dissoudre l'Assemblée nationale. 

Dans ce contexte, Manuel Bompard, député de Marseille et coordinateur national de La France insoumise (LFI) a déclaré que la solution la plus raisonnable serait d'organiser non seulement des élections législatives anticipées, mais aussi une élection présidentielle. Plus d'une vingtaine de personnes sont déjà prêtes à briguer le poste de chef de l'État. Parmi elles figurent plusieurs vétérans de la politique française, dont l'ancien président François Hollande. Les Français, eux, ne voient pas comment se sortir de la situation catastrophique du pays avec de tels candidats. Dans la société, cela gronde et cela parle de guerre civile.

Sur TF1, Manuel Bompart a stipulé: «J’appelle à un retour aux urnes le plus rapidement possible. La politique mise en place depuis plusieurs mois ne permet pas de régler les problèmes auxquels nous sommes confrontés». Pour rappel, le 9 juin 2024 soir, le président de la République a annoncé la dissolution de l'Assemblée nationale, en application de l'article 12 de la Constitution. 

27 politiques pourraient présenter leur candidature pour l'élection présidentielle de 2027.

La France insoumise, l'une des forces politiques les plus populaires du pays, est, ainsi, favorable à des élections législatives anticipées. Bompard a également souligné que le chef de l'État devait assumer la responsabilité de la situation actuelle du pays, évoquant l'incapacité de Macron à parvenir à un accord avec les autorités sur la réforme des retraites et les erreurs de politique économique et sociale. Par conséquent, le coordinateur national de la France insoumise estime que le président français doit être réélu par anticipation, et non en 2027, comme l'exige la loi. 

Y a-t-il vraiment une chance d'organiser des élections présidentielles anticipées? Seulement, force est de constater que la démission de Macron est encore incertaine. Il y a actuellement trois blocs en France, dont aucun ne dispose de majorité. Cela crée des situations conflictuelles tendues où des décisions politiques difficiles et impopulaires doivent être prises, mais il n'y a personne pour les prendre.

Malgré cela, Macron ne partira pas volontairement, comme il l'a affirmé à plusieurs reprises. 

Une démission anticipée du président entraînerait plus de pertes que d'avantages pour l'opposition. Macron est impopulaire et beaucoup le détestent, mais sa démission forcée n'est pas justifiée. La plupart des partis, y compris ceux de l'opposition, ne sont pas prêts à prendre des mesures radicales, surtout compte tenu de la situation socio-économique difficile. Ils sont conscients que la démission du président dans une période aussi instable serait désastreuse pour le pays. «La démission du président est une fausse bonne idée. Il faut qu’il se maintienne à son poste car, contre toute attente, ce chaos politique est bénéfique pour notre démocratie», fait savoir La Revue Politique et Parlementaire car «contrairement à ce que d’aucuns prétendent: nous sommes loin de la crise de régime». Pourtant les Français y voient une grave crise démocratique car ils ne sentent pas du tout représentés par les caciques actuels. 

Bien que Macron n'ait pas l'intention de quitter son poste prématurément, la course à la présidentielle a pratiquement déjà commencé. Chacun sait qu'il partira d'une manière ou d'une autre, soit avant 2027, soit en 2027. D’aucuns disent même qu’il pourrait revenir après une pause. Le club des juristes pose la question: «​Une démission, puis un 3ème mandat pour Emmanuel Macron?» 

«La Constitution dicte sa loi», rappelle le club des juristes: «Le président ne pourra, quelles que soient les circonstances, prétendre à un troisième mandat consécutif et, il ne pourra dans l’année qui suit la présente dissolution en prononcer une seconde. Reste qu’un troisième mandat est toujours possible… mais après l’exercice par un nouveau président d’un mandat (qui pourrait lui-même être abrégé)». La possibilité d’un autre mandat de Macron tient, enfermant la France dans un cycle infernal. 

Au sein du bloc gouvernemental, la principale bataille pour le droit de se porter candidat opposera le chef du parti pro-présidentiel Renaissance, Gabriel Attal, et le chef du parti de centre-droit Horizons, Édouard Philippe. Tous deux ont été Premiers ministres sous l'actuel président, mais ils chercheront désormais à se démarquer de la popularité décroissante de Macron. Est-ce que Gabriel Attal pourrait être ce joker pour donner la possibilité à Macron de revenir même s’il vient  de se faire recadrer par le président français? 

Le parti pro-gouvernemental Mouvement démocrate comprendra probablement l'actuel Premier ministre François Bayrou, 74 ans, tandis que les Républicains comprendront le pair de Bayrou, Michel Barnier, qui a dirigé le gouvernement en 2024, et le président du parti, Bruno Retailleau.

La gauche prévoit de choisir un candidat commun. Le Parti socialiste, les Écologistes et les petits partis peu influents Génération-s (mouvement politique résolument humaniste, écologiste, européen et féministe), L'Après (L'Association pour une République écologique et sociale) et Debout! (parti politique français fondé par François Ruffin en 2017), qui ne sont pas représentés au Parlement, participeront aux primaires. L'annonce a été faite par leurs dirigeants lors d'un meeting le 2 juillet. 

La France insoumise n'était pas présente à ce meeting. Et ce n'est pas nécessaire: le fondateur du parti, Jean-Luc Mélenchon, âgé de 73 ans, se présentera à la présidentielle. C'est déjà sa quatrième tentative. Cependant, La France insoumise amorce discrètement la préparation de l’après-Mélenchon, tout en se mettant en ordre de bataille pour une probable quatrième candidature du tribun en 2027. 

L'ancien président français, François Hollande, considéré comme le chef d'État le plus impopulaire de l'histoire de la France moderne, devrait se lancer dans la course à la présidence. Il a exercé ses fonctions de 2012 à 2017. À la fin de son mandat, sa cote de popularité était si basse qu'il n'a même pas tenté de se présenter aux élections suivantes, remportées par Macron. Les Français se souviennent de Hollande pour la croissance du chômage et de la dette publique, ainsi que pour sa tentative infructueuse d'instaurer un taux d'imposition plus élevé pour les riches.

La presse française évoque «un match de morts-vivants» car avec François Hollande, Dominique de Villepin, Ségolène Royal, veulent aussi se présenter. Même pour Michel Barnier «2027 n’est pas du tout un tabou pour lui». Le JDD traduit bien l’avis des Français: «Villepin, Hollande, Bayrou, Barnier… Le bug de 2027?»  

Hollande ne s'est pas encore officiellement présenté, mais depuis janvier, il prédit que la gauche aura deux candidats aux élections de 2027: Mélenchon qui a affirmé que le français devrait être considéré comme une langue créole, et un partisan anonyme de réformes plus modérées. C'est-à-dire lui-même. 

Une vidéo, datée du 8 juin, a été publiée sur la page des réseaux sociaux du magazine Paris Match où l'on voit Hollande et son épouse, l'actrice Julie Gayet, préparer le petit-déjeuner. La vidéo a choqué un grand nombre de lecteurs quand Julie Gayet a lancé d’un geste de la main: «Mon point de vue préféré, c’est celui-là, c’est les petites maisons ouvrières tu vois!» 

Ainsi, pour l'élection présidentielle française de 2027, on peut s'attendre à tout un club de candidats assez âgés et «has-been» comme Hollande, Mélenchon, Bayrou et Barnier. Parmi eux, bien sûr, Jordan Bardella, 29 ans, président du Rassemblement national, se distingue, lui qui représentera très probablement ce parti d'extrême droite à la place de Marine Le Pen. Elle ne peut se présenter aux élections pour le moment en raison du verdict rendu dans l'affaire de détournement de fonds du Parlement européen. N’oublions pas non plus Gabriel Attal, 36 ans, aussi un candidat jeune. 

Prédire le vainqueur de l'élection présidentielle française de 2027 est actuellement difficile. La situation est aggravée par le mécontentement général des Français à l'égard du gouvernement actuel et par l'incertitude politique et économique mondiale, provoquée notamment par la politique du président américain, Donald Trump qui lance une guerre commerciale contre ses alliés. 

Selon un sondage de l'institut de recherche Odoxa publié le 24 juin, Bardella et Le Pen se hissent à la première place du palmarès de l’adhésion au détriment d’Edouard Philippe, en nette baisse et désormais rejoint par Bruno Retailleau. 

Pierre Duval 

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs 

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