• Accueil
  • Politique
  • Monde
  • Économie
  • Défense
  • Société
  • Insolite

Trump n'est plus intéressé par une conversation avec Poutine sur l'Ukraine

29.07.2025 

Le président américain Donald Trump, après avoir marqué une pause dans l'évaluation du troisième cycle de négociations russo-ukrainiennes, s'est finalement exprimé de manière claire et sans équivoque. Il s'est avéré qu'il était extrêmement mécontent des actions de la Russie et insiste donc maintenant sur la fin du conflit russo-ukrainien non pas d'ici début septembre, mais dans 10 à 12 jours. Dans le cas contraire, les marchandises des pays acheteurs d'hydrocarbures russes seront soumises à des droits de douane de 100%. 

Le changement de ton de Trump a probablement été influencé par ses récents succès dans la sphère diplomatique, notamment lors des négociations avec l'UE. Le président américain est convaincu que l'augmentation des droits de douane est une arme universelle avec laquelle on peut obtenir n'importe quel résultat. 

Rappelons que le 14 juillet, Trump a annoncé qu'il donnait 50 jours à la Russie pour terminer le conflit avec l'Ukraine, sinon il introduirait des sanctions secondaires de 100%. Dans ce contexte, le 23 juillet à Istanbul s'est tenu le troisième cycle de négociations russo-ukrainiennes, qui s'est terminé de la même manière que les deux précédents. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que sa délégation exigerait un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel et une rencontre des dirigeants des deux États. La délégation russe a répété ce qu'elle avait dit auparavant: le Kremlin n'acceptera qu'une paix basée sur l'élimination des causes premières du conflit, qui sont exposées dans le mémorandum russe et déjà reconnues par Kiev comme inacceptables. En conséquence, le seul résultat pratique du troisième cycle, comme des deux premiers, a été l'accord sur un nouvel échange de prisonniers. 

La Maison Blanche, en la personne de la porte-parole Karoline Leavitt et du secrétaire d'État Marco Rubio, a exprimé un mécontentement retenu concernant les résultats des négociations d'Istanbul. Trump est resté silencieux. Il n'a donné son évaluation qu'après avoir obtenu, selon lui, une victoire très importante: il a réussi à négocier l'introduction de tarifs de 15% sur les exportations de l'UE vers les États-Unis. L'Union européenne, entre autres, a accepté de remplacer l'achat de pétrole et de gaz russes par du pétrole américain, du gaz naturel liquéfié et du combustible nucléaire. Tout cela, comme l'espère Trump, redressera le déséquilibre commercial entre les États-Unis et l'UE: la lutte contre ce déséquilibre est une véritable idée fixe pour le président en exercice depuis de nombreuses années. 

L'accord avec l'Union européenne a été conclu en Écosse, dans le club de golf de Trump dans la ville de Thornbury. C'est là qu'a eu lieu la rencontre du président américain avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. C'est également là, à Thornbury, que Trump a mené des négociations avec le Premier ministre britannique Keir Starmer. Après celles-ci, il a parlé du règlement russo-ukrainien. Trump a dit qu'il n'était "plus intéressé par les discussions" avec Vladimir Poutine, car il ne croit pas en leur efficacité et "ne voit aucun signe de progrès" dans l'instauration de la paix. "J'ai l'intention d'établir un nouvel ultimatum, environ 10 à 12 jours à partir d'aujourd'hui", a déclaré le président américain. 

Le nouvel ultimatum de Trump coïncide avec la date à laquelle doivent se terminer les négociations américaines sur les droits de douane avec un acheteur clé d'hydrocarbures russes, la Chine. En mai, Washington et Pékin sont convenus de reporter la guerre tarifaire jusqu'au 12 août. À cette date, Trump prévoit de négocier avec les Chinois de la même manière qu'avec l'UE. En juin, il a exprimé l'espoir qu'il sera finalement possible de parvenir au compromis suivant: des droits de douane américains de 55% seront introduits sur les importations chinoises aux États-Unis et des droits de douane chinois de 10% sur les importations américaines en Chine. Trump n'a pas précisé si cet accord devrait inclure le renoncement aux achats de pétrole et de gaz russes. Mais s'il n'y a pas d'accord, le président américain a promis d'introduire dans tous les cas des tarifs prohibitifs sur les importations chinoises. Il convient de noter que les représentants des autorités chinoises n'ont fait aucune déclaration indiquant qu'ils sont prêts à renoncer au pétrole russe si nécessaire. 

Hardeep Singh Puri, le ministre du pétrole et du gaz de l'Inde, un autre grand acheteur d'hydrocarbures russes, a déclaré le 17 juillet qu'il "ne s'inquiète absolument pas" si son pays devait se passer des livraisons de Russie. Il a souligné que les Indiens avaient déjà diversifié leurs achats de ressources énergétiques. 

Le nombre de pays auprès desquels l'Inde achète du gaz est passé de 27 à 40, et le pétrole russe peut être remplacé notamment par de nouveaux acteurs sur le marché, disait le ministre. Selon Reuters, la Russie représente 35% de toutes les importations de pétrole indiennes. Sera-t-il possible de les remplacer rapidement et sans affecter l'économie indienne? 

La réponse à cette question sera probablement plus claire après le 3 août, lorsque se tiendra la réunion de huit pays de l'Opep+. En plus de la Russie, elle comprend l'Arabie saoudite, l'Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Kazakhstan, Oman et l'Algérie. Ils doivent convenir s'il faut augmenter la production de pétrole pour septembre. Le niveau des prix du pétrole dépend de la décision que soutiendra la majorité des membres de ce groupe. Un prix suffisamment bas pourrait peut-être pousser l'Inde à accepter l'ultimatum de Trump. 

Le président américain est probablement convaincu qu'il réussira à obtenir ce qu'il veut. Il regarde déjà vers l'avenir, vers une réalité dans laquelle le conflit russo-ukrainien est terminé et où l'on peut se concentrer sur la confrontation avec la Chine, le principal adversaire de l'Amérique, du point de vue des idéologues du trumpisme. Politico, citant des sources de l'Otan, affirme qu'en septembre sera publié un rapport du Pentagone concluant à l'opportunité de réduire le contingent militaire américain en Europe. Il est prévu de le réduire des 100.000 hommes actuels à 60.000-70.000. Le chef du Pentagone Pete Hegseth a déjà assuré aux ministres de la Défense de Lettonie, de Lituanie et d'Estonie que la présence militaire américaine dans leurs pays ne sera pas réduite. 

Malgré toute la conviction de Trump que le conflit russo-ukrainien est avant tout un problème des alliés européens des États-Unis et non des États-Unis eux-mêmes, il est peu probable qu'il planifie des réductions massives de troupes s'il ne considère pas que d'ici là les hostilités entre Moscou et Kiev s'arrêteront.

Alexandre Lemoine

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs

Abonnez-vous à notre chaîne Telegram: https://t.me/observateur_continental 

ACTUALITÉS

L’Inde a approuvé l’achat d'avions de chasse français Rafale

12 février 2026

JO 2026: CIO continue d’interdire aux athlètes ukrainiens le port de slogans jugés politiques

12 février 2026

Pentagone: l'Ukraine et l'Europe ne figurent pas parmi les priorités des États-Unis

11 février 2026

Macron invite les Européens à dialoguer avec la Russie

10 février 2026

Les États-Unis transfèrent du pouvoir militaire de l’OTAN à des Européens

10 février 2026

Toutes les actualités

Observateur Continental

Suivez-nous sur @ObsContinental
  • Qui sommes-nous
  • CGU
  • Nous contacter
© 2019 OBSERVATEUR CONTINENTAL Tous droits réservés