
31.07.2025
15 États occidentaux s'apprêtent à reconnaître la Palestine
La France constitue une coalition de pays prêts à établir des relations diplomatiques avec la Palestine. Le site web du ministère français des Affaires étrangères a publié une déclaration signée par les chefs de la diplomatie de 15 États occidentaux. Il y est indiqué que tous ces pays ont exprimé leur disposition à reconnaître officiellement la Palestine en tant qu'État indépendant dès septembre et appellent à faire de même les autres membres de l'ONU qui ne se sont pas prononcés en faveur d'une telle reconnaissance.
Outre le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, ses homologues d'Australie, d'Andorre, d'Irlande, d'Espagne, d'Islande, du Canada, du Luxembourg, de Malte, de Norvège, de Nouvelle-Zélande, du Portugal, de Slovénie, de Saint-Marin et de Finlande ont apposé leur signature sur cette déclaration.
Trois d'entre eux, l'Irlande, l'Espagne et la Norvège, ont reconnu l'État palestinien encore en mai 2024. En septembre, ils ne feront qu'informer l'Assemblée générale de l'ONU de leur décision.
Les signataires de la déclaration ont clairement fait comprendre qu'ils ne considéraient pas cela comme une démarche anti-israélienne. Le texte du document commence d'ailleurs par la condamnation de "l'odieuse attaque terroriste antisémite perpétrée le 7 octobre 2023", faisant allusion à l'invasion du Hamas en Israël, qui a coûté la vie à des milliers de personnes et marqué le début de la guerre qui se poursuit à ce jour. Cependant, les autorités israéliennes pourraient percevoir cette initiative différemment. L'affaire réside dans des nuances qui ne sont pas encore claires. Par exemple, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez avait spécifiquement précisé l'année dernière que son pays reconnaissait l'indépendance de la Palestine dans les frontières de 1967 avec pour capitale Jérusalem-Est. Or, selon la législation israélienne, Jérusalem, unique et indivisible, est la capitale de l'État hébreu.
La réaction des États-Unis reste également floue pour l'instant. Le président américain Donald Trump a déclaré il y a quelques jours qu'il n'avait pas "l'intention de prendre position" sur l'indépendance palestinienne. Il dit souhaiter se concentrer sur la fin de la guerre, la libération des otages capturés par le Hamas en octobre 2023, et surtout sur l'amélioration de la situation humanitaire dans la bande de Gaza. Comme l'a annoncé Trump, "nourrir les gens est mon objectif numéro un". L'envoyé spécial du président américain pour le Moyen-Orient Steve Witkoff se rendra à Gaza pour vérifier personnellement s'il y a une famine ou non. Le 31 juillet, il partira en Israël pour discuter de la situation dans la bande de Gaza, rapporte The Times of Israel. Les résultats de cette visite détermineront en grande partie l'attitude de Washington envers les perspectives de reconnaissance du nouvel État.
La déclaration des 15 États constitue une manœuvre politique de la part de plusieurs hommes d'État, en premier lieu du président français Emmanuel Macron. Il analyse la chute de sa cote de popularité et cherche un moyen de la relever. Beaucoup en France sympathisent aux Palestiniens. D'où cette déclaration. La majorité des États membres de l'ONU ont reconnu la Palestine depuis longtemps. L'URSS, par exemple, l'a fait en 1988. Il n'y a donc rien de révolutionnaire dans la décision de 15 pays supplémentaires de rejoindre cette majorité.
Cependant, la déclaration est importante sous un autre aspect. Elle constitue un signal aux autorités israéliennes que les sympathies qui existaient en Europe envers les Israéliens après le 7 octobre 2023 ont maintenant cédé place à la compassion envers les Palestiniens. Et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou devra en tenir compte.
Alexandre Lemoine
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