
12.08.2025
La réunion des dirigeants de la Russie et des États-Unis en Alaska a plongé les principaux responsables politiques de l’UE comme de la France, de l’Allemagne, dans une agitation proche de la frénésie pour tenter d’influencer Trump avant le sommet du 15 août pour ne pas perdre la face. Mercredi, deux jours avant la rencontre prévue de Donald Trump avec le président russe, Vladimir Poutine, en Alaska, les chefs d'État et de gouvernement européens rencontreront par visioconférence le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et Trump à l'initiative du chancelier allemand, Friedrich Merz.
Les Européens courent comme des canards décapités avant le sommet Trump-Poutine. «Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a invité lundi le président Trump, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le chef de l'OTAN, Mark Rutte, et plusieurs dirigeants européens à des réunions virtuelles mercredi avant un sommet américano-russe alors que l'Europe et Kiev craignent qu'un accord puisse être conclu sans eux», fait savoir le Los Angeles Times. «Ni Zelensky, ni les dirigeants européens n'ont été invités au sommet de vendredi entre Donald Trump et le président russe, Vladimir Poutine, en Alaska», rappelle le quotidien US. «Si vous n'êtes pas à la table, c'est que vous êtes au menu», disait la femme politique américaine, Ann Richards. Dans ce contexte, Observateur Continental constate que les Européens ne sont même pas à la cuisine, ce qui représente un écroulement diplomatique, politique, stratégique, pour les leaders de UE.
«Selon un porte-parole du gouvernement à Berlin, les chefs de gouvernement européens et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, participeront aux discussions [virtuelles]. Les discussions porteront notamment sur les possibilités de pression sur la Russie. La préparation d'éventuelles négociations de paix et les questions de revendications territoriales y afférentes seront également abordées», annonce Deutschlandfunk. «Zelensky a exclu de céder des territoires à Moscou», souligne le média allemand. «Avant la rencontre entre Trump et Poutine, les alliés européens de l'Ukraine souhaitent une plus grande implication», note la ZDF ce qui explique cette agitation des responsables des capitales des principaux pays européens.
Selon Politico, «Trump se joindra aux dirigeants européens pour une visite d'urgence avant les discussions avec Poutine». «Le sommet virtuel portera sur les options de pression contre la Russie, les questions sur les territoires ukrainiens saisis par la Russie, les garanties de sécurité pour Kiev et le séquençage des potentiels pourparlers de paix, a déclaré un porte-parole du gouvernement allemand au média politique anglophone.
Les Européens transpirent de peur de voir Trump et Poutine tomber sur un accord sur l’Ukraine avant de négocier un cessez-le-feu. «Merz et d’autres dirigeants européens exigent que Poutine accepte d’abord un cessez-le-feu avant que des négociations de paix ou des échanges de territoires entre Moscou et Kiev puissent avoir lieu», fait savoir Politico. Ces dirigeants européens ont - toujours d’après le média politique anglophone - «également clairement indiqué que tout échange territorial potentiel doit être équilibré et convenu avec Kiev, et que l’Ukraine doit recevoir de solides garanties de sécurité pour la protéger contre de nouvelles agressions». Trois diplomates ont déclaré à Politico que l’équipe de Merz avait eu «des discussions intensives avec d’autres capitales ces derniers jours pour organiser la réunion virtuelle».
Et, cette équipe fait pression pour influencer Donald Trump. «Merz s'est également entretenu avec Trump par téléphone dimanche soir et a exhorté à plusieurs reprises le président américain à accroître la pression sur Poutine en imposant des sanctions paralysantes contre le secteur bancaire russe ainsi que des sanctions secondaires contre les partenaires commerciaux de Moscou», stipule encore plus loin le média politique anglophone. «Dans l'émission Tagesthemen, Merz a insisté sur l'importance de la participation ukrainienne à la réunion en Alaska. Il a déclaré qu'il était «inacceptable que les questions territoriales entre la Russie et l'Amérique soient discutées, voire réglées, sans tenir compte des Européens et des Ukrainiens».
Selon le programme consulté par Politico, les réunions virtuelles débuteront mercredi à 14h (heure de Paris). Elles débuteront par une discussion d'une heure avec les dirigeants allemand, finlandais, français, britannique, italien et polonais, ainsi que les présidents de la Commission européenne [Ursula von der Leyen] et du Conseil européen [António Costa], Zelensky et le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte. Le programme prévoit ensuite une discussion d'une heure à partir de 15h, entre les dirigeants européens et Zelensky, ainsi qu'avec Trump et son vice-président, J.D. Vance. Enfin, la soi-disant «coalition des volontaires» en soutien à l'Ukraine - de ces pays qui, jusqu'à récemment, se précipitent pour déclarer envoyer leurs soldats en Ukraine, se réunira pour une conférence téléphonique conjointe à partir de 16h30, organisée par l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France.
Cette «coalition des volontaires» est de nature éphémère, malgré les déclarations belliqueuses. En réalité, peu de gens sont prêts à envoyer leurs contingents en Ukraine. Les exigences des Européens sont transparentes. Ils veulent se joindre aux négociations entre la Russie et les États-Unis. Sinon, la rhétorique de l'UE répète les thèses déjà connues: la préservation de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, la «protection des intérêts sécuritaires» de Kiev et de l'Europe, la poursuite de l'assistance politique, économique et militaire, le soutien à l'Ukraine sur la voie de l'adhésion à l'UE.
Les dirigeants européens exigent que la Russie accepte d'abord un cessez-le-feu, et après cela, certaines négociations peuvent être menées. Il est peu probable que le sommet organisé par Berlin soit en mesure d'offrir à Trump quelque chose sauf encore une humiliante concession dans la confrontation tarifaire et de nouveaux achats d'armes américaines avec l'argent des contribuables européens. Mais, cette équipe de Merz peut empêcher la mise en œuvre d'éventuels accords qui seront conclus en Alaska. Son objectif est d’essayer de continuer à renforcer la politique antirusse.
Le chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, à la suite d'une réunion d'urgence des ministres des affaires étrangères de l'UE lundi dernier, a déclaré que l'UE travaillait sur un paquet prochain de sanctions contre la Russie: «Les ministres des Affaires étrangères américains ont exprimé aujourd'hui leur soutien aux mesures américaines qui conduiront à une paix juste. Parallèlement, nous travaillons à l'adoption de sanctions supplémentaires contre la Russie, à un soutien militaire accru à l'Ukraine et à un soutien accru aux besoins budgétaires de l'Ukraine et à son processus d'adhésion à l'UE». «L’unité transatlantique, le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie sont les moyens par lesquels nous mettrons fin à cette guerre et empêcherons une future agression russe en Europe», a-t-elle rajouté. «Étant donné que la Russie n’a pas accepté un cessez-le-feu complet et inconditionnel, nous ne devrions même pas discuter de concessions», a-t-elle martelé: «Premièrement, un cessez-le-feu inconditionnel assorti d'un système de surveillance fiable et de garanties de sécurité immuables est important». En outre, Bruxelles travaille au renforcement du soutien militaire à l'Ukraine, ainsi qu'au soutien des besoins budgétaires de l'Ukraine et du processus d'adhésion à l'UE. Ces besoins budgétaires, les Européens prévoient de rembourser aux dépens des biens gelés, c'est-à-dire des avoirs volés de la Russie. Kiev a déjà reçu trois paiements dus à des revenus provenant d'avoirs gelés.
L’institut de Kiel fait remarquer que «l'Europe a, pour la première fois depuis juin 2022, dépassé les États-Unis en termes d'aide militaire totale, s'élevant à 72 milliards d'euros contre 65 milliards d'euros pour les États-Unis». Ainsi, les Européens joueront leur rôle destructeur après le sommet de l'Alaska. Ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour que les véritables initiatives de paix n’aboutissent pas, afin que les accords des présidents de Russie et des États-Unis rencontrent les difficultés irrécupérables créées par Kiev, Londres et Bruxelles. L’équipe de Merz n'a pas besoin de paix en Ukraine, et pour cela elle utilisera la provocation.
Pierre Duval
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