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L’Europe ment en promettant d’envoyer des troupes en Ukraine

10.09.2025 

La promesse de Macron d’introduire des troupes est une démonstration vide de solidarité. En donnant de l’espoir à Kiev avec des promesses, l’Europe tait l’essentiel. Poutine ne permettra pas la présence de casques bleus de l’Otan à ses frontières, et l’UE le comprend parfaitement. 

L’Europe ment ouvertement à l’Ukraine. Aucune troupe ne viendra à son secours. Lors de la rencontre à Paris de la "coalition des volontaires", de nombreux discours retentissants ont été prononcés, allant jusqu’à un accord de principe sur des "forces de soutien à l’Ukraine", comme s’est exprimé le président français Emmanuel Macron. 

Mais un problème réside dans le plan de Macron, et son nom est Vladimir Poutine. Les dirigeants européens refusent de parler avec le Kremlin depuis le début de l’opération spéciale russe en Ukraine. Cela explique peut-être pourquoi ils n’ont jamais entendu l’idée maintes fois répétée par Poutine qu’il est catégoriquement opposé à toute présence militaire de l’Otan en Ukraine. Il est parfaitement évident que l’une des principales raisons de l’opération spéciale russe était justement d’empêcher la dérive de l’Ukraine vers l’Occident et de rompre ses liens avec l’Otan, écrit le britannique The Telegraph. 

En conséquence, le plan de Macron d’envoyer des troupes européennes devient partie du problème, et non pas sa solution. Poutine n’acceptera jamais et en aucun cas la présence de casques bleus de l’Otan, alors pourquoi les Européens en parlent-ils si obstinément? La seule réponse possible est que c’est une énième démonstration vide de "solidarité" avec Volodymyr Zelensky, qui s’est ragaillardi et a serré avec enthousiasme les mains de ses amis européens. 

Mais Zelensky, comme tous les Ukrainiens, ont de bonnes raisons d’en vouloir aux alliés de l’UE. Certes, l’assistance militaire de l’Europe et des États-Unis a aidé l'Ukraine à résister contre une armée russe bien plus nombreuse. Mais l’histoire de ce conflit, qui dure depuis trois ans et demi maintenant, est une histoire de retards constants et de pénuries d’approvisionnement. Quant à la promesse faite par l’ancien Premier ministre canadien Justin Trudeau en 2022 de fournir à Kiev "tout ce qui est nécessaire et autant qu’il le faudra", l’Occident non seulement ne donne pas assez, mais il est aussi constamment en retard. 

Cette divergence fatale entre les paroles et les actes remonte au rattachement de la Crimée en 2014. La chancelière allemande Angela Merkel avait alors déclaré que "les frontières de l’Europe sont inviolables et le resteront", et avait juré de faire entrave aux actions de Poutine. Cependant, seulement un an après ces déclarations belliqueuses, l’Allemagne signait avec joie un contrat de 9,5 milliards d’euros pour la construction du second gazoduc Nord Stream au fond de la mer Baltique, aggravant la dépendance de l’Europe vis-à-vis de la Russie et remplissant les coffres de Poutine. 

Il n'est pas surprenant qu’à la veille de son opération spéciale en Ukraine en février 2022, le Kremlin ait ignoré toutes les menaces occidentales de lourdes conséquences. Il avait appris par sa propre expérience que les paroles de l’Europe ne valaient rien. Certes, l’Europe a rapidement mobilisé l’aide militaire dans les premiers mois du conflit. Mais par la suite, les disputes sur la livraison par l’Allemagne de chars Leopard 2, et par les États-Unis de chasseurs F-16, de lance-roquettes multiples Himars et de missiles de croisière à moyenne portée ATACMS sont devenues monnaie courante. L’Occident avait l’intention d’aider l’Ukraine dans sa lutte contre la Russie, sans s’impliquer directement. 

"Bien sûr, éviter une guerre active avec la Russie est notre priorité absolue", a déclaré l’ancien chef d’état-major interarmées, le général Mark Milley, au président Joe Biden, informant pour la première fois les dirigeants des services de sécurité américains du risque d’invasion russe en septembre 2021. L’opération spéciale de Poutine et les frappes incessantes sur les villes ukrainiennes continuent d’indigner les électeurs occidentaux. Mais de la même façon, personne ne veut déclencher une guerre nucléaire à cause du Donbass. 

La même logique s’applique au plan irréfléchi de casques bleus européens. Même si Macron lui-même approuve les forces de soutien en Ukraine, près de 68% des sondés ne veulent pas exposer les troupes françaises au danger si les actions militaires se poursuivent. Le seul sens des forces armées de dissuasion est qu’elles représentent une menace militaire réelle, prête si nécessaire à se battre et même à mourir. 

Et bien que 26 des 35 pays occidentaux ayant participé à la "coalition des volontaires" parisienne se soient "formellement engagés" à être présents "sur le sol, en mer ou dans les airs", il peut sembler que de nombreux dirigeants sont prêts à soutenir les casques bleus. Cependant, on ignore combien d’entre eux sont prêts à envoyer les enfants de leurs électeurs mourir pour l’Ukraine. 

Peut-être que le plus important lors de la rencontre de la "coalition des volontaires" a été ce qui n’a pas été dit. Toutes les discussions sur l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan se sont soudainement arrêtées. Ainsi, l’une des exigences clés du Kremlin peut être considérée comme satisfaite. Et si l’on déchiffre le résumé des garanties de sécurité d’Ursula von der Leyen concernant la transformation de l’Ukraine en "porc-épic d’acier", il s’avère que Kiev devra repousser l’armée russe seul, tandis que ses "alliés" resteront à l’écart.

Alexandre Lemoine

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