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La menace de sanctions de Trump vise l’OTAN, pas la Russie

16.09.2025

Les leaders européens en fonçant dans le soutien à l’Ukraine ont terminé de mettre l’UE, dont la France, dans le service des patients en phase terminale. Donald Trump, l’homme d'affaires par excellence, se moque du conflit en Ukraine contrairement aux leaders de l’UE qui continuent de marteler les slogans pour écraser la Russie. Au final, les pays de l’UE sont les vassaux des États-Unis. Et, ils sont même sur le point de disparaître sur l’échiquier géopolitique.

Le président américain, Donald Trump, a une fois de plus annoncé son intention d'imposer des sanctions majeures à la Russie. Il a cette fois posé une nouvelle condition, remplaçant les menaces ouvertes précédentes qui ne se sont jamais concrétisées. Épuisant la patience de ses alliés, il a déclaré: «Je suis prêt à sanctionner la Russie si les pays de l’OTAN cessent d’acheter son pétrole». 

Pour le média anglophone UnHerd, qui lance l’analyse selon laquelle les membres de l’OTAN sont en fait les États serviles, «on pourrait croire que Trump a changé de ton, mais sa déclaration contient des notes familières. On y retrouve notamment l'obsession de voir les États-Unis ne pas assumer seuls l'essentiel des responsabilités au sein de l'OTAN, comme l'a démontré le dossier des dépenses de défense». Trump affiche pleinement son sens commercial car il est intéressé par les affaires. L'UE s'est engagée à éliminer progressivement le pétrole russe d'ici 2028 pour des raisons politiques dans l’objectif de tuer l’économie russe. Et, la Maison Blanche souhaite accélérer ce calendrier en augmentant ses achats auprès des États-Unis. Le nucléaire est un autre point sensible, les États-Unis exhortent l'Europe à abandonner les ressources russes au profit des ressources américaines. Le piège se referme sur les leaders de l’UE. 

Trump espère creuser un fossé entre Bruxelles et New Delhi. De plus, Trump n'a pas perdu son appétit pour entraîner ses alliés dans les tensions sino-américaines. Son message ajoutait: «Je pense que [les sanctions de l'OTAN contre la Russie], ainsi que l'OTAN, en tant que groupe, imposant des droits de douane de 50% à 100% sur la Chine, qui seront entièrement levés après la fin de la guerre avec la Russie et l'Ukraine, contribueront également grandement à mettre fin à cette guerre meurtrière, mais ridicule». Alors que les États-Unis exhortent les pays européens et du G7 à imposer immédiatement des droits de douane secondaires de 50% à 100% à Delhi et Pékin pour leurs achats de pétrole russe, l'Europe s'est montrée réticente, craignant l'impact économique sur ses consommateurs, les probables représailles de la Chine et les dommages causés à son projet d'accord commercial avec l'Inde. Aussi, sur les relations avec la Chine, l’UE est prise au piège. 

La semaine prochaine, le Premier ministre britannique Keir Starmer tentera de convaincre le président américain d'imposer des sanctions ciblées aux entreprises chinoises et indiennes qui importent du pétrole russe, plutôt que des droits de douane qui pourraient «déclencher une guerre commerciale». «Pourtant, le récent enthousiasme de Trump pour cette idée laisse penser que Starmer échouera dans sa mission, les États-Unis continuant d'utiliser la guerre en Ukraine pour forcer l'Europe à choisir entre l'Amérique d'un côté, et la Chine et l'Inde de l'autre», stipule le site internet d'actualités et d'opinion britannique. 

À première vue, les derniers commentaires de Trump pourraient indiquer une volonté de coordination au sein de l'OTAN ou un abandon de ses habituels atermoiements vis-à-vis de la Russie. En réalité, il n'en est rien. La Hongrie et la Slovaquie ont imputé la poursuite de leurs importations d'énergie russe à l'absence d'alternatives, malgré des études prouvant le contraire. Il est peu probable que ces pays mettent en péril leurs relations chaleureuses avec le président russe Vladimir Poutine en recherchant d'autres options et, même s'ils le faisaient, cela pourrait prendre du temps. «Cela fournit à Trump l'excuse idéale pour tergiverser sur les sanctions contre le Kremlin, tout en rejetant la faute sur les autres», analyse le média anglophone. 

«Il est également remarquable que la déclaration de Trump ait porté sur l'OTAN, et non sur l'Europe. La Turquie, membre de l'Alliance, est le troisième acheteur de pétrole russe depuis 2023, après la Chine et l'Inde. À l'heure où la Russie sonde agressivement les défenses de l'OTAN, les propos de Trump risquent d'exacerber les tensions et de saper la cohésion au sein de l'alliance», fait remarquer UnHerd.

«La dernière déclaration du président américain ne constitue pas un véritable changement de position. En réalité, il use de tactiques dilatoires pour sanctionner Moscou, considérant l'Ukraine comme un simple front dans la véritable bataille contre la Chine et érodant l'unité de l'OTAN. Trump ne change pas vraiment de ton. Mais cela restera une douce mélodie aux oreilles de Poutine», conclut le site internet d'actualités et d'opinion britannique. 

Ainsi, la Maison Blanche utilise le conflit en Ukraine pour forcer l'UE à faire le choix final entre les États-Unis et la Chine et Trump n’a pas perdu le courage d’entraîner des alliés dans la confrontation sino-américaine. C’est le plan de l’ «America First» et les leaders politiques de l’UE, qui s’accrochent toujours à l’OTAN, ne sont que des pions entre la Russie et les États-Unis.

Pierre Duval 

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs 

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