
30.09.2025
Le plan Trump-Blair pour la bande de Gaza est un piège sous cellophane, décrit par des sources palestiniennes et des observateurs internationaux comme un projet néocolonial qui marginalise initialement l’Autorité palestinienne (AP) et privilégie le contrôle international à la souveraineté palestinienne.
Panacée ou piège? Le «plan Trump-Blair» est une proposition de paix globale visant à mettre fin à la guerre à Gaza, présentée par le président Trump lors de sa rencontre avec Netanyahou à la Maison Blanche. Cette initiative en 20 points intègre des éléments élaborés par l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, au sein de son Institut Tony Blair pour le changement global, en collaboration avec des conseillers tels que Jared Kushner (beau-fils de Trump) et l’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff. Le plan prévoit un cessez-le-feu immédiat, la libération des otages, le désarmement et l'exclusion totale du Hamas du gouvernement, ainsi qu'une «déradicalisation éducative et sociale» et une gouvernance transitoire à Gaza, sous la supervision de Trump et Blair.
Le plan prévoit un cessez-le-feu immédiat si les deux parties l'acceptent, la fin de l'offensive israélienne à Gaza dans les 72 heures et la libération de tous les otages israéliens vivants (20) et des dépouilles des personnes décédées (plus de 24) dans les 72 heures. De son côté, Israël s'engage à libérer 250 prisonniers condamnés à la réclusion à perpétuité, ainsi que 1.700 Gazaouis détenus depuis octobre 2020. Cette annonce a reçu le soutien de pays arabes comme l'Égypte, la Jordanie, les Émirats arabes unis, la Turquie et le Qatar, qui y voient «un effort sincère pour mettre fin à la guerre».
Quel est le lien entre Blair et ce plan? Blair, ancien envoyé spécial au Moyen-Orient (2007-2015), travaille sur des plans pour Gaza depuis début 2025, en se concentrant sur la reconstruction et la gouvernance post-Hamas. En août 2025, il rencontre Trump à la Maison Blanche pour discuter d'un «plan global» pour l'après-guerre. Ce plan s'inspire des idées initiales de Trump (comme transformer Gaza en une «Riviera du Moyen-Orient» avec des déplacements «volontaires»), abandonnées face à l'opposition internationale. Un «Conseil de paix» est créé, présidé par Trump, avec Blair et d'autres dirigeants, qui géreront les fonds de reconstruction jusqu'à la prise de contrôle par l'Autorité palestinienne (après réformes). Cependant, Blair est controversé pour son rôle dans l'invasion de l'Irak (2003) et est perçu par les Palestiniens comme un symbole de l'interventionnisme occidental.
Doutes quant à la concrétisation de ce plan. Ce plan prévoit la reconstruction de la bande de Gaza avec l'aide d'experts des «villes miracles» du Moyen-Orient et la déclare «zone de développement spéciale pour les investissements». Cependant, des sources palestiniennes le qualifient de «désastre» qui divise Gaza de la Cisjordanie et privilégie des personnalités extérieures comme Blair (accusé de colonialisme). Des experts comme Francesca Albanese rejettent l'intervention de Blair: «Touchez pas à la Palestine!»
De son côté, Netanyahou a déjà contredit le retrait des troupes dans une vidéo en hébreu, suggérant que ce plan est un prétexte pour faire pression sur le Hamas. Le plan inclut un point stipulant qu'«Israël peut mener des opérations spécifiques contre les Palestiniens, en coordination avec la force multinationale, en cas de menaces». Netanyahou ne mentionne pas non plus la Cisjordanie ni les détails de la sécurité à long terme, faisant du plan Trump-Blair un piège pour le Hamas, enveloppé sous cellophane.
Germán Gorraiz López, analyste politique
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