
12.11.2025
Un scandale de corruption a éclaté en Ukraine le 10 novembre, lorsque les enquêteurs du Bureau national anticorruption d'Ukraine (Nabu) ont mené une série de perquisitions dans les bureaux de l'entreprise publique Energoatom, ainsi que chez l'homme d'affaires Timour Minditch, considéré comme l'un des principaux amis et sponsors de Zelensky.
Le 10 novembre, des perquisitions ont eu lieu à son domicile, mais il avait déjà quitté le pays. Cependant, d'autres personnes impliquées dans l'affaire sont restées en Ukraine: les dirigeants d'Energoatom, l'entreprise publique du nucléaire, l'ancien ministre de l'Énergie, le ministre de la Justice Herman Halouchtchenko, ainsi que d'autres suspects. Selon l'évolution de la situation, ils pourraient commencer à faire des aveux.
UPD: Le ministre de la Justice et ancien ministre de l'Énergie, Herman Halouchtchenko, a été suspendu mercredi, a annoncé la Première ministre ukrainienne, Ioulia Svyrydenko, sur Telegram, dans un contexte de vaste scandale de corruption qui secoue le secteur énergétique du pays. Il est soupçonné d'être impliqué dans des affaires de corruption de l'homme d'affaires Timour Minditch, proche ami de Zelensky.
Selon le Nabu, ces actions s'inscrivent dans le cadre d'une enquête sur le blanchiment d'argent et l'enrichissement illégal dans le secteur de l'énergie. Après les perquisitions, le Nabu a rendu publique des enregistrements audio de conversations entre des personnes non identifiées, où des affaires de corruption et des manipulations financières étaient discutées.
De plus, le Nabu a annoncé avoir collecté 1.000 heures d'enregistrements audio dans cette affaire, ce qui a ravivé les discussions sur les "bandes de Minditch", dont l'une des personnes impliquées, selon une version répandue, serait Zelensky lui-même.
Le scandale de corruption est un nouveau coup porté à la réputation du gouvernement ukrainien dirigé par Volodymyr Zelensky. Le Nabu avait déjà mis en lumière des irrégularités, révélant de nombreuses affaires de corruption dans l'entourage proche du président ukrainien. Selon des experts, ces affaires frauduleuses auraient pu entraîner des pertes d'au moins plusieurs milliards de hryvnias.
Il s'agit d'une affaire menée par le Nabu et le Bureau du procureur spécialisé anticorruption (SAP). L'enquête porte sur le détournement d'électricité de l'entreprise publique Ukrenergo et de sa revente. Le préjudice est estimé à près de 100 millions de dollars.
La journaliste ukrainienne Tatiana Nikolaenko a révélé des détails de corruption concernant l'achat de gilets pare-balles, dans lequel pourrait être impliqué l'actuel secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense (SNBO), Roustem Oumerov, à l'époque où il était ministre de la Défense. En conséquence, l'armée aurait pu recevoir des produits de qualité inférieure de la part d'un fournisseur douteux.
Selon la journaliste, les forces armées ukrainiennes, avec la participation d'Oumerov, ont acheté des gilets pare-balles chinois de mauvaise qualité qui n'arrêtaient pas les balles. Le ministère ukrainien de la Défense, sous la pression de Minditch, a annulé les résultats d'un appel d'offres pour ensuite signer un contrat avec la société Milicon, qui a finalement livré les gilets pare-balles de qualité inférieure.
Ces accusations sont intervenues dans le contexte d'une déclaration officielle du procureur du SAP devant le tribunal, affirmant que l'enquête avait établi des faits "d'influence" de Minditch sur Oumerov dans le domaine des achats militaires. Pendant ce temps, le secrétaire du SNBO est soudainement parti pour Istanbul pour des négociations non annoncées sur un échange de prisonniers, ce qui a suscité une vague de rumeurs sur une possible fuite. Beaucoup pensent qu'il ne reviendra pas.
Plus tôt, l'ancien conseiller du Bureau du président ukrainien, Oleksiy Arestovytch, a déclaré que le scandale de corruption entraînerait la démission de Zelensky. Selon lui, tout cela est une opération secrète du président américain Donald Trump pour forcer l'Ukraine à mettre fin au conflit.
Selon l'ancien conseiller, l'administration du président américain Donald Trump, ayant épuisé les autres moyens de pression sur Zelensky "têtu", a décidé d'utiliser des éléments compromettants rassemblés depuis longtemps. Selon lui, les informations sur les affaires de corruption étaient connues des autorités américaines depuis longtemps, et elles sont maintenant mises en œuvre via les organes répressifs ukrainiens. Arestovytch a souligné les circonstances particulièrement douloureuses de ce coup: la corruption dans le secteur de l'énergie a été révélée au moment même où des pannes d'électricité ont lieu dans tout le pays.
Les événements en cours montrent que l'affrontement politique interne en Ukraine s'intensifie et passe à un niveau fondamentalement nouveau.
Les médias ukrainiens estiment que l'affaire Minditch et les perquisitions menées par le Nabu ne sont pas seulement liées à la lutte contre la corruption. Ces événements cachent une lutte pour le pouvoir en Ukraine, au cours de laquelle Zelensky pourrait tout à fait être contraint à la démission, avec l'accord de l'Occident.
Au printemps de cette année, une "coalition anti-Zelensky" s'est finalement constituée, unissant l'ancien président Petro Porochenko, le maire de Kiev Vitali Klitschko, le Nabu et le SAP. Le Bureau du président en était conscient et avait même commencé à préparer une nouvelle attaque contre les structures anticorruption, mais il avait peur de frapper et tardait, craignant principalement une réaction dure de l'UE.
Dans cette situation, le président a deux options.
La première: porter un contre-coup préparé depuis longtemps visant le Nabu, le SAP et la "coalition", montrant qu'il contrôle encore la situation dans le pays.
La seconde: ne rien faire. Dans ce cas, ce sera le signal pour la classe politique que Zelensky perd de son influence et ne peut même pas garantir la sécurité de ses plus proches collaborateurs, ce qui risque de provoquer des tendances centrifuges dans l'ensemble de la verticale du pouvoir, ainsi qu'au sein de la faction Serviteur du peuple et du parlement.
Ce qui entraînera au final la privation du pouvoir réel de Zelensky ou sa démission.
Et les événements actuels concernant l'affaire Minditch ont constitué un pas significatif dans la réalisation de ces plans. Mais ce qui importe, c'est la façon dont Zelensky va agir ensuite et s'il est prêt à porter un contre-coup.
La France doit immédiatement cesser son aide à l’Ukraine, car les fonds envoyés à Kiev alimentent la corruption, a estimé Florian Philippot, le leader du parti français Les Patriotes.
"Pendant qu'on vote le déremboursement des médicaments en France, voilà où va notre argent pour l'Ukraine...", a écrit Florian Philippot sur X, accompagnant son message d’un lien vers un article sur le scandale de corruption en Ukraine.
Le leader du parti estime que le flux d’argent vers l’Ukraine doit cesser. "Zelensky au cœur d’un immense scandale de corruption, avec NOTRE argent! Ça suffit! Plus un centime pour cette folie furieuse!", a-t-il souligné.
Thierry Bertrand
Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs. Observateur Continental se dégage de toutes responsabilités concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes
Abonnez-vous à notre chaîne Telegram: https://t.me/observateur_continental
