
20.11.2025
Le président américain Donald Trump a approuvé plus tôt cette semaine un nouveau plan de paix visant à mettre fin au conflit en Ukraine. C’est ce qu’a rapporté la chaîne NBC News, citant ses sources.
Les États-Unis et la Russie ont approuvé ensemble sans l’UE et sans l’Ukraine un plan de paix pour mettre fin au conflit. Ni la France, ni la Commission européenne, ni l’Ukraine n’ont donc participé à cette décision. L’Ukraine doit reconnaître les nouveaux territoires russes dans le Donbass et la Crimée, réduire de moitié son armée, ne pas utiliser ses missiles à longue portée, stationner des soldats de l’OTAN sur son sol.
«Le président Trump approuve un plan de paix entre la Russie et l'Ukraine», annonce NBC News.
«Le président Donald Trump a approuvé cette semaine un plan en 28 points pour la paix entre la Russie et l'Ukraine, élaboré discrètement ces dernières semaines par de hauts responsables de son administration, en consultation avec l'envoyé russe Kirill Dmitriev et des responsables ukrainiens, a déclaré un haut responsable de l'administration», précise le média US.
«L’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et le gendre du président, Jared Kushner, ont participé à l’élaboration du plan».
«Ce plan vise à offrir aux deux parties des garanties de sécurité afin d’assurer une paix durable».
Cependant, «Le responsable n'a pas souhaité donner de détails sur un plan qui, selon lui, fait encore l'objet de négociations avec les principales parties prenantes».
Trois responsables américains ont déclaré à NBC News que «le cadre de l'accord de paix devait encore être présenté aux Ukrainiens et que la finalisation d'un projet de plan coïncidait avec la visite d'une délégation de l'armée en Ukraine».
La délégation américaine est arrivée à Kiev mercredi matin avec deux objectifs pour ses rencontres avec les responsables ukrainiens: discuter de stratégie et de technologie militaires et contribuer à relancer le processus de paix, selon deux responsables américains, un responsable européen et une source proche du gouvernement ukrainien. Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, était accompagné du chef d'état-major de l'Armée de terre, le général Randy George, et d'autres hauts responsables de l'Armée de terre, a déclaré le colonel Dave Butler, porte-parole de l'Armée de terre, dans un communiqué.
«D'après une source proche du gouvernement ukrainien et un responsable européen au fait du dossier, l'Ukraine n'a pas participé à l'élaboration du plan de paix proposé. Les deux sources ont indiqué que l'Ukraine avait été informée des grandes lignes du plan, mais n'avait pas reçu d'informations détaillées ni été consultée».
Faisant référence au plan de paix établi par Washington pour mettre fin à la guerre, Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, a déclaré: «Nous voulons la paix, les Ukrainiens veulent la paix, une paix juste qui respecte la souveraineté de chacun, une paix durable qui ne puisse pas être remise en question par de futures agressions, mais la paix, ça ne peut pas être la capitulation». «Nous ne voulons pas de capitulation de l’Ukraine et vous imaginez bien que les Ukrainiens, qui résistent de manière héroïque depuis plus de trois ans maintenant contre une agression désinhibée de la part de la Russie, refuseront toujours toute forme de capitulation», a-t-il rajouté. «Ce que nous constatons, c’est qu’aujourd’hui c’est la Russie de Vladimir Poutine qui constitue un obstacle à la paix, a-t-il poursuivi. Le principe d’une paix doit commencer par un cessez-le-feu sur la ligne de contact, qui permettra d’engager des discussions sur la question des territoires et sur la question des garanties de sécurité», conclut-il.
«L'Europe a toujours soutenu les efforts visant à instaurer une paix juste, globale et durable en Ukraine. Mais pour qu'un tel plan aboutisse, il est indispensable que les Ukrainiens et les Européens y adhèrent. Dans ce conflit, il y a un agresseur et une victime. Jusqu'à présent, nous n'avons entendu parler d'aucune concession de la part de la Russie», a accusé Kaja Kallas, la haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité.
La nouvelle offre de négociation venue de Washington, mais concoctée, sans associer l’Ukraine, par les émissaires de Donald Trump et de Vladimir Poutine, ferait effectivement la part belle aux exigences russes. L’Ukraine serait de nouveau sommée de céder le contrôle des régions plus ou moins largement occupées par la Russie, dans le Donbass, tout en renonçant à la Crimée, annexée unilatéralement par Moscou depuis 2014. Washington reconnaîtrait que le Donbass et la Crimée sont désormais russes. Il est de surcroît question de réduire de moitié la taille de l’armée ukrainienne, pour la ramener à 400.000 soldats. Kiev devrait également renoncer à ses armes de longue portée qui lui permettent de frapper en profondeur le territoire russe. De plus, ces manœuvres diplomatiques n’empêchent pas la Russie de poursuivre son offensive sur le terrain.
L'administration américaine compte sur la mise en œuvre réussie de son plan pour régler le conflit en Ukraine. C'est ce qu'a rapporté le journaliste de la chaîne de télévision NBC News Garrett Haake, citant un responsable anonyme de la Maison-Blanche.
«La Maison-Blanche ne dévoile pas les détails de ce plan, mais exprime de l'optimisme. La nouvelle approche pourrait faire bouger les lignes», a-t-il déclaré à la chaîne. Selon le reporter, le plan prévoit des garanties de sécurité tant pour l'Ukraine que pour la Russie, dont le dirigeant souligne qu'«elle agit en réponse et est préoccupée par l'expansion de l'Otan et l'éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'Alliance».
Le 19 novembre, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que la Russie n'avait pas reçu d'informations des États-Unis par des canaux officiels concernant de prétendus «accords» sur l'Ukraine, évoqués par les médias. Plus tôt, le porte-parole du président russe Dmitri Peskov a souligné que Moscou et Washington n'élaboraient pas de nouvelles idées sur le règlement ukrainien par rapport aux accords atteints en Alaska par les présidents de Russie et des États-Unis, Vladimir Poutine et Donald Trump.
Pierre Duval
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