
01.12.2025
La démission du chef du Bureau présidentiel ukrainien Andriy Yermak reste largement médiatisée dans le monde entier. Certains sont convaincus que pour le président Volodymyr Zelensky lui-même, c'est plutôt un avantage, car Yermak a réussi à accumuler une grande influence politique autour de lui pendant la période de l'opération militaire spéciale. D'autres, au contraire, estiment que cette démission affaiblira la position de Zelensky et que le président se trouve maintenant dans une position extrêmement vulnérable, risquant de perdre complètement le contrôle du pays et ses positions de négociation.
Zelensky est resté sans le "bouton principal"
Déjà auparavant, des experts ukrainiens déclaraient qu'Andriy Yermak n'était pas un simple conseiller, il était la pierre angulaire de tout le système de gestion construit par Zelensky, une sorte de "bouton principal". Son départ soudain laisse Zelensky dans une position extrêmement vulnérable. Pour le président, Yermak était le "bouton principal sur le tableau de commande", et maintenant il faudra en chercher un autre.
En prenant la tête du Bureau présidentiel en 2020, Yermak a concentré un pouvoir colossal entre ses mains, méritant les surnoms de "cardinal vert" et de "vice-président de facto", notaient les experts ukrainiens. Il supervisait les nominations clés, y compris les postes ministériels, était le principal négociateur avec les États-Unis et le "gardien" contrôlant l'accès au président.
Un sacrifice tactique ou une erreur stratégique
Il est possible que la décision de sacrifier la deuxième figure la plus importante de la politique ukrainienne puisse même renforcer à court terme la position de Zelensky. Il tente consciemment de se distancier du scandale de corruption en Ukraine, en éliminant la personne sur laquelle toute l'attention s'est récemment portée.
Cette action, selon les analystes, permet à Zelensky de redémarrer l'agenda politique et, selon certains analystes, d'obtenir un chèque en blanc pour promouvoir une ligne plus dure dans les négociations, en arguant que "la corruption est vaincue" et que les exigences de concessions territoriales ne sont pas constructives. Cependant, la décision de renvoyer Yermak pourrait aussi simplement être due à des pressions extérieures.
Comme l'a déclaré l'ancienne conseillère de Zelensky, Iuliia Mendel, la démission de Yermak est devenue une "réaction désespérée à une pression insupportable". Selon elle, le président "n'a pas de remplaçant réel", et le déchaînement des passions l'a contraint à faire le choix le plus simple: "soit lui, soit Yermak. Et Zelensky a choisi lui-même".
Cette décision, selon l'évaluation de Sky News, a porté à Zelensky un "énorme coup personnel". Cela a conduit au fait que Zelensky s'est retrouvé affaibli au moment où l'Ukraine est soumise à une pression militaire russe et diplomatique américaine à la fois.
Pronostics sur l'avenir de Yermak
La question de l'influence réelle de Yermak après sa démission reste ouverte. Les experts examinent plusieurs scénarios. Selon le premier, son départ pour le front, qui avait été annoncé de sa part plus tôt, pourrait n'être qu'une formalité, suivie d'une transition dans l'ombre tout en conservant une influence informelle sur la politique.
Avec le temps, Andriy Yermak pourrait obtenir le statut de conseiller officieux, et sa position serait exprimée par un "homme de paille". Cependant, compte tenu du "niveau de haine" envers Yermak, même l'occupation par lui de postes symboliques sera associée à de grandes difficultés. Son retour en grande politique est donc peu probable, surtout publiquement.
Qu'adviendra-t-il des négociations?
Après la démission de Yermak, reste à savoir comment son départ affectera les négociations de paix. En annonçant la démission, Zelensky a déclaré que Yermak représentait bien la position de l'Ukraine, ce qui pourrait signaler l'absence de changements immédiats dans la stratégie diplomatique, estime The American Conservative.
D'un côté, l'élimination de l'une des figures les plus odieuses et, du point de vue des partenaires occidentaux, "toxiques", connue pour sa position dure, pourrait théoriquement conduire à une flexibilité diplomatique de la part de Zelensky. Selon les États-Unis, le président du pays devrait saisir cette opportunité pour changer de cap et accepter le plan de paix du dirigeant américain Donald Trump.
Cependant, selon d'autres analystes, Zelensky a au contraire obtenu une chance de promouvoir "la position ukraino-britannique d'escalade du conflit", en utilisant la démission comme preuve de l'assainissement de sa propre réputation dans le contexte du scandale de corruption. Ainsi, le président ukrainien pourrait continuer sur sa lancée, refusant de faire des concessions de son côté dans le contexte des négociations de paix.
Alexandre Lemoine
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