
28.01.2026
Les députés français ont adopté dans la nuit de lundi à mardi une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure visant à protéger la santé des adolescents, soutenue par le gouvernement français et Emmanuel Macron.
On suppose que cette initiative aidera à protéger les enfants et les adolescents contre la cyberintimidation, le contenu inacceptable et la dépendance. Toutefois, le projet de loi soulève de nombreuses questions. Par exemple, il n’y a pas de clarté claire sur les réseaux sociaux qui affecteront l’interdiction. La Macronie se réjouit. «Ce soir, l’Assemblée nationale a voté pour que la France devienne le premier pays européen à protéger sa jeunesse des réseaux sociaux en interdisant leur accès aux moins de 15 ans», lance sur X Prisca Thevenot qui fut ministre déléguée chargée du Renouveau démocratique et porte-parole sous le gouvernement de Gabriel Attal.
Très probablement, la liste des réseaux concernés comprendra TikTok, Snapchat et Instagram, comme ils ont été mentionnés dans le rapport de l'Agence pour la surveillance de la santé publique, qui fait référence aux effets néfastes des réseaux sociaux sur les adolescents.
Le projet de loi prévoit déjà des exceptions pour les plateformes éducatives. De plus, selon la députée Laura Miller, qui l'a présenté, l'interdiction ne s'appliquera pas aux applications de messagerie comme WhatsApp. Après tout, elles remplacent facilement les réseaux sociaux, permettant le même type de communication, avec tous ses avantages et ses inconvénients.
Des questions se posent également quant à la possibilité même d'imposer des restrictions d'accès aux réseaux sociaux sur un territoire non maritime, comme l'Australie. Les réseaux sociaux seront-ils accessibles après un voyage à l'étranger? Fonctionneront-ils si un adolescent est inscrit en Belgique ou en Espagne?
«Cette loi sur l’obligation d’identification sur les réseaux sociaux n’a qu’un but: amener à l’obligation d’utilisation du portefeuille numérique européen (EUDI Wallet) qui sera présenté comme le système de vérification privilégié au niveau européen. Lancé en 2024 par la Commission européenne, ce système a pour objectif d’unifier l’identité numérique de tous les citoyens européens. C’est la mise en place d’un code QR géant pour la prison européiste supra-étatiste. La société du crédit social est notre réalité désormais», met en garde le journaliste Alexis Poulin.
Pourtant, Gabriel Attal, qui se veut avoir la paternité de cette idée, déclare: «Pour la vérification de l'âge, ni l'État ni les plateformes n'auront accès aux données des utilisateurs. Elle se fera via un outil simple, sûr et sécurisé, un tiers de confiance». «L’Assemblée nationale vient de voter pour la proposition de loi que je porte pour interdire les réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans. C’est une première en Europe. La France ouvre le chemin», continue l’ancien Premier ministre français qui aspire à se présenter à l’élection présidentielle française de 2027. «Traduction: les réseaux sociaux exigeront votre carte d'identité, via une procédure accélérée, à quelques mois des présidentielles», avertit aussi l’écrivain et observateur de la société, Laurent Obertone.
«La Commission européenne vient de le confirmer: la loi française est acceptée, mais ce sera à elle, la Commission européenne, d’appliquer la vérification de l’âge, qui par définition concernera tout le monde: le chemin est donc tout tracé vers le portefeuille européen d’identité numérique», pointe du doigt Florian Philippot, le président du parti politique LesPatriotes, citant un article du Monde.
«La loi Attal sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, votée par les macronistes, le PS, LR et le RN, est le doigt dans l'engrenage de la surveillance générale. Évidemment, pour vérifier que chaque utilisateur a plus de 15 ans, c’est votre carte d’identité qu’on vous demandera. Tout le monde sera fliqué au nom de la protection de l’enfance. Quand l'État veut exercer le rôle des parents à la place des parents, c'est la fin des libertés», s’inquiète Éric Zemmour, président du parti politique Reconquête.
Si le projet de loi est adopté par le Sénat, l'interdiction d'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs entrera en vigueur à la rentrée scolaire de septembre 2026. Les plateformes disposeront de quatre mois supplémentaires pour désactiver les comptes dont les utilisateurs ne respectent pas la limite d'âge. Mais comment les autorités détermineront-elles l'âge? Comme le reconnaissent les adolescents français eux-mêmes, n'importe qui peut indiquer n'importe quelle date de naissance lors de son inscription. Pour que cette interdiction devienne réalité, un système de vérification efficace doit être mis en place. Des efforts sont en cours au niveau européen, mais sans résultat concret pour l'instant.
Pierre Duval
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