
09.03.2026
La prolongation du conflit au Moyen-Orient pourrait faire grimper le prix du pétrole brut à 150 dollars le baril (rappelant la crise pétrolière de 1973), ce qui aurait pour conséquences une hausse de l’inflation, une hausse des taux d’intérêt des banques centrales, un étranglement économique pour de nombreux pays et l’émergence d’une stagflation, caractérisée par une stagnation économique et une forte inflation (stagflation séculaire).
Dépendance mondiale au pétrole. Étant donné que les énergies alternatives nécessitent encore d’énormes subventions pour être viables dans les pays en développement, que la fracturation hydraulique soulève des préoccupations environnementales et que l’inertie des actifs pétroliers empêchera les grandes entreprises d’abandonner leurs équipements et infrastructures actuels, l’économie mondiale continuera de se tourner vers le pétrole au cours de la prochaine décennie.
Ainsi, l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans un rapport intitulé Perspectives mondiales d’investissement dans l’énergie, avertit qu’il faudra investir 48.000 milliards de dollars d’ici 2035 pour répondre aux besoins énergétiques mondiaux croissants.
Réserves stratégiques. Les principaux pays développés constituent des réserves stratégiques de pétrole qu'ils réservent exclusivement aux situations critiques afin de garantir leur consommation intérieure pendant quelques mois.
Selon le dernier rapport hebdomadaire de l'agence américaine d'information sur l'énergie AIE de février 2026), les réserves stratégiques de pétrole (SPR) des États-Unis sont estimées à environ 415-416 millions de barils, soit l'équivalent de 50 à 55 jours d'approvisionnement supplémentaires en cas d'urgence. Les réserves stratégiques de la Chine, quant à elles, sont estimées entre 500 et 900 millions de barils, soit l'équivalent de 90 à 140 jours d'approvisionnement.
Une nouvelle crise pétrolière? Le conflit au Moyen-Orient a déclenché une dangereuse ruée sur l'offre, les pays s'empressant de constituer des stocks, ce qui a fait grimper le prix du Brent à 91 dollars le baril. Si le conflit au Moyen-Orient persiste, l'Iran pourrait fermer le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, et le prix du brut pourrait alors atteindre 150 dollars le baril. Cela engendrerait une panique mondiale face à la pénurie, se traduisant par une hausse spectaculaire des coûts de transport et des prix des engrais agricoles. Conjuguée à la mise en place de restrictions à l'exportation de matières premières par les pays producteurs de céréales afin de garantir leur autosuffisance, cette situation pourrait entraîner des pénuries de produits agricoles sur les marchés mondiaux, une flambée des prix et, par conséquent, une crise alimentaire mondiale.
Germán Gorraiz López, analyste politique
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