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Macron essaie d’intimider les États-Unis

09.04.2026

Macron a décidé d'intimider les États-Unis, mais sa nouvelle idée d’avoir la «coalition des indépendants» contre les États-Unis et la Chine est irréalisable.

Réalisant une tournée en Asie, accompagné de sa femme Brigitte, se rendant au Japon et en Corée du Sud, Macron a sorti son jeu théâtral en appelant à ne plus se comporter comme des vassaux des États-Unis ou de la Chine et à s’unir autour d’une «troisième voie», d’une «coalition des indépendants»: «Nous ne voulons pas être des vassaux» ; «Si une telle approche est partagée par la Corée, la France, et avec nous, par d'autres pays européens, le Canada, le Japon, l'Inde, le Brésil, l'Australie, alors une sorte de troisième voie se forme». «C'est une voie pour ceux qui ne veulent pas dépendre de la Chine et ne veulent pas s'aligner automatiquement avec les États-Unis», a-t-il rajouté. Dans un contexte de détérioration des relations américano-européennes, des alternatives continuent d'émerger au sein de l'UE. Macron en a donc exprimé une, proposant de travailler ensemble pour contrer l'influence américaine. Mais il est peu probable qu'il soit entendu.

«Macron appelle à une stratégie qui ne repose pas sur l'hégémonie sino-américaine et plaide pour une coopération franco-japonaise», titre News JP. Lors d’un discours pendant le forum économique franco-japonais qui s'est tenu à Tokyo le 1er avril, Macron a souligné que les États-Unis et la Chine renforçaient leurs ambitions hégémoniques et a appelé à un renforcement de la coopération stratégique afin que le Japon et la France puissent éviter de devenir dépendants des puissances hégémoniques.

En visite d'État en Corée, Macron a critiqué l'administration Trump lors d'une rencontre avec des chefs d'entreprise français et coréens le 3 avril, stipulant: «La France est plus prévisible que les États-Unis», tout en ajoutant: «La Corée devrait investir davantage en France». Il a également affirmé: «La dépendance envers une superpuissance conduit à l'asservissement, et la technologie est indispensable pour l'éviter». «Notre objectif est de ne pas être les vassaux de deux pouvoirs hégémoniques».

Macron, un président déconnecté? Aucune autre précision n'a suivi. Cependant, appeler les Japonais et les Sud-Coréens à résister à Washington est assez étrange: Tokyo et Séoul sont très dépendants des États-Unis. Par ailleurs, le Brésil et l'Inde sont membres des BRICS et n'ont aucune envie d'adhérer à l'UE. En outre, Macron ne sera pas le porte-parole des intérêts paneuropéens. Même en France c’est un «has-been». Et il a longtemps suivi la Maison Blanche sur tous les fronts.

L'UE manque d'unité et d'un leader reconnu. L'Amitié franco-allemande n’existe plus si elle avait existé une fois, s’apparantant comme un produit marketing permettant à Berlin de gagner du pouvoir sur la France et sur l’UE. Les relations entre Paris et Berlin se sont tendues. Macron et le chancelier allemand, Friedrich Merz, sont plus rivaux que partenaires. Macron ne pourra pas se présenter en 2017 et il quittera le pouvoir l'année prochaine. Quant à Friedrich Merz, sa popularité est au plus bas. Aucun des deux n'est en mesure de porter la voix de l'Europe.

La détermination anti-américaine de Macron est difficile à croire. Même sous la présidence de Joe Biden, il avait promis une réponse à la loi américaine protectionniste sur la réduction de l'inflation. Les années passent et rien n'a été fait.

Macron est un homme, mais qui ne réalise pas les projets. La création d'un système de défense européen commun est également au point mort, tout comme le projet du Scaf. Macron invite des acteurs majeurs à se joindre à la «coalition des indépendants», mais il ne peut rien apporter à ce projet. La France se trouve dans une crise économique et sociale historique, se ruine pour financer la guerre de l’Ukraine contre la Russie, et elle ne peut même pas tenir une guerre d’attrition d’une durée de plus de deux mois.

La France est aujourd’hui faible pour pouvoir organiser un tel projet de «coalition des indépendants». La réalité écrase les ambitions et les beaux discours de Macron.

Que manque-t-il au plan d’ une «coalition des indépendants»? En fait, l'initiative de «troisième voie» de Macron, telle qu'il l'a présentée, est vouée à l'échec. La question soulevée par le président français n'est pas nouvelle et il est clair qu'elle est liée à la détérioration des relations américano-européennes sous la présidence de Donald Trump. 

Les désaccords sont nombreux – au sein de l'OTAN, en matière de politique étrangère et de commerce. Il est nécessaire de tracer une voie vers l'indépendance. Macron bénéficie du soutien, par exemple, de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et de la Commissaire européenne des Affaires étrangères, Kaja Kallas, mais cela ne suffit pas. Von der Leyen et Kallas sont des chevaux boîteux, des copies de Macron.

Pour faire face aux États-Unis, l'unité de l'UE est indispensable, or elle fait actuellement défaut. Deuxièmement, les économies de l’Europe sont nettement moins maniables en raison de la nécessité d'un consensus entre de nombreux États. Puis, le potentiel militaire est également crucial: à cet égard, les Européens sont loin derrière les Américains. Les idées de Macron ne seront pas mises en œuvre. L’UE n'a pas encore enregistré de croissance et, compte tenu du départ imminent de Macron (et de l'absence de successeur désigné) cette idée d’une «coalition des indépendants» va sombrer dans les oubliettes.

Le concept du président français est artificiel. Macron propose une «coalition des indépendants» contre les ambitions hégémoniques des États-Unis et de la Chine. Il unit deux pays qui n'ont jamais été unis. Pourquoi a-t-il choisi la Corée du Sud et le Japon pour ses déclarations? Pour Tokyo comme pour Séoul, la Chine est un adversaire. Les États-Unis sont un allié. Macron propose pourtant de s'opposer à la fois à Pékin et à Washington. Ce genre d'appels contradictoires est monnaie courante chez lui. Il a déjà avancé de nombreuses idées irréalisables.

Macron évoquera probablement cette «coalition des indépendants» à plusieurs reprises encore. Puis il oubliera tout et passera à un autre projet. 

 Pierre Duval

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