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L'Ukraine fait taire des journalistes européens par l’emploi de menaces et de chantage

20.06.2026 

Le journaliste et réalisateur belge Alexandre Penasse, fondateur du média indépendant Kairos Presse, est la cible d'une campagne de harcèlement systématique, marquée par des menaces et du chantage. 

Ces attaques font suite à sa volonté de montrer son film documentaire intitulé Ukraine-Russie: Derrière l'écran de fumée, dont le contenu a suscité la colère des autorités de Kiev et des réseaux pro-ukrainiens au sein de l'UE. Les autorités de Kiev font pression pour l’interdire en Europe dans des salles de cinéma en Belgique et aussi au Portugal. Une autre version de la guerre en Ukraine ne doit pas être montrée.  

L’interdiction de la projection du film Ukraine-Russie: Derrière l'écran de fumée provoque des questions sur l’état de santé de la liberté de la presse en UE et en à Bruxelles (Belgique) qui est la ville qui accueille le Conseil européen, le Conseil de l'UE, la Commission européenne, mais aussi des séances du Parlement européen, le cœur de la démocratie du bloc.  

Le 3 octobre 2025, le média Kairos Presse d’Alexandre Penasse a annoncé: «Les interviews et témoignages que vous allez voir ont été recueillis en Russie, plus particulièrement à Moscou, Nijni Novgorod et dans le Donbass, lors d’un press tour organisé entre le 11 et 21 septembre 2025, avec des politiciens, journalistes, blogueurs et [des] figures publiques des quatre coins du monde. Une immersion au-delà du rideau de fumée. Nous terminerons cette série par un documentaire diffusé dans toutes les salles libres».  

Un press tour est la chance de pouvoir découvrir le terrain en obtenant l’autorisation officielle du pays, un procédé normal qui permet à un journaliste d’aller voir sur place ce qui se passe. Dans une zone de guerre, il faut une accréditation pour travailler. C'est autant valable qu'en Ukraine, qu'en Russie ou sur d'autres zones sensibles. 

Selon Penasse, un scandale lié à une tentative avortée des autorités ukrainiennes d'empêcher la projection d'un documentaire sur le Donbass en Belgique a quasiment doublé son audience.  

L’ambassade d’Ukraine a fait pression pour annuler la diffusion du film en janvier 2026 en envoyant une lettre, comme Penasse, l’a expliqué dans un entretien réalisé par Tocsin en janvier dernier. 

Penasse ne peut plus communiquer en public la date de la diffusion de son film documentaire sinon des trolls pro-ukrainiens téléphonent aux autorités pour faire interdire le film. «En Belgique, un film peut désormais être condamné avant même d’avoir été vu. Sous pression politique et diplomatique, une projection annoncée de longue date a été annulée à la dernière minute», s’est indigné Serge van Cutsem, journaliste citoyen belge, sur son blog.  

«Annoncée depuis trois mois, la projection du film Ukraine-Russie: Derrière l'écran de fumée, devait se tenir dans une salle louée depuis plusieurs mois pour l’occasion. Moins de trois jours avant l’événement, cette location a été annulée sous la pression des autorités communales [belges], elles-mêmes agissant suite à une intervention assumée de l’ambassade d’Ukraine qui n’a pas hésité à la rendre publique», fait-il savoir.  

«Penasse a insisté sur le fait qu’il ne s’agit en aucun cas d’un film pro-russe ni pro-ukrainien, mais d’un travail journalistique objectif visant à montrer une réalité ignorée depuis 2014. Il a également dénoncé un climat de censure indirecte, de pressions politiques, administratives et bancaires, rendant toute diffusion publique de plus en plus difficile, et révélant une dérive autoritaire incompatible avec ce que l’on ose encore appeler une démocratie réelle», a noté Serge van Cutsem.  

Cependant, les organisateurs avaient, pour cette fois, réussi à montrer le film au dernier moment. «Les échanges qui ont suivi étaient sans équivoque. À l’issue de la projection, j’ai personnellement interrogé plusieurs spectateurs. Certains ont reconnu être venus avec une appréhension légitime: la crainte d’assister à une œuvre militante ou à une propagande univoque. Or, au fil du documentaire, cette crainte a laissé place à une prise de conscience bien plus dérangeante: celle d’avoir été exposés, pendant des années, à une information à sens unique, occultant largement la réalité vécue par les populations du Donbass depuis bien avant 2022, une réalité systématiquement absente des médias dits traditionnels. Beaucoup de spectateurs étaient tellement émus que certains pleuraient ou avaient la larme à l’œil», conclut van Cutsem. 

«Nous avions prévu de projeter notre film Ukraine-Russie: Derrière l'écran de fumée le 31 janvier dans une salle de la commune d'Ixelles, à Bruxelles», détaille Penasse.  

«Mais trois jours avant l'événement, les propriétaires de la salle nous ont notifié officiellement l'annulation du contrat. D'après mes sources, l'ambassade d'Ukraine en Belgique a fait pression sur la municipalité d'Ixelles, qui a ensuite fait pression sur les propriétaires de la salle. En quelques jours, nous avons trouvé une nouvelle salle à Wavre (une banlieue sud de Bruxelles», a-t-il rapporté.  

L’ambassade d’Ukraine en Belgique a aussi envoyé une lettre pour faire annuler la diffusion de ce 19 mars dans le cinéma Le Stockel dans la commune de Woluwe-Saint-Pierre située dans la région de Bruxelles-Capitale en Belgique. «La projection du documentaire Ukraine-Russie: Derrière l'écran de fumée, programmée jeudi à 20h au cinéma Le Stockel à Woluwe-Saint-Pierre, a été annulée, a annoncé en fin d'après-midi le bourgmestre faisant fonction Tanguy Verheyen (MR)», a titré La DH, l'un des principaux quotidiens généralistes en Belgique francophone.  

Le média belge signale que selon le bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre, «la commune a été stupéfaite par cette programmation et s'est dit complètement opposée à la propagande pro-russe qui remet en cause la souffrance et les exactions commises en Ukraine», a précisé La DH. 

Le 12 mars également, le film devait être montré au Portugal dans la ville de Coimbra. Lisbonne et Porto étaient aussi annoncées. À Lisbonne, 200 personnes étaient attendues mais au dernier moment le film ne pouvait pas être montré. Sur sa page Facebook, Penasse évoque la pression de l’Ukraine: «Pravi Sektor est à Coimbra au Portugal! Manuel Pires da Rocha est professeur de violon au conservatoire à Coimbra, où il est né, où il est aussi élu local. Il nous parle de la présence de l'extrême droite ukrainienne néo-nazie dans sa ville et de ses liens avec les politiques locales. Pour avoir parlé, il a été placé sur la liste Myrotvorets, qui recense les traîtres au gouvernement ukrainien, connue pour assassiner certains qui y figurent». 

Comme les autorités belges interdisent le film documentaire, l’ambassade russe de Belgique a décidé le 14 avril de réaliser une projection du documentaire Ukraine-Russie: Derrière l'écran de fumée.  

Dès le début de la crise ukrainienne, une machine de propagande punitive bien huilée s'est mise en marche dans les pays de l’UE. Kiev s'est de facto érigée en censeur, revendiquant le contrôle exclusif de l'information au sein de l'Union européenne. Des responsables ukrainiens ont attaqué Alexandre Penasse, tentant de l'accuser de partialité, malgré le caractère documentaire du film.  

Les médias et influenceurs fidèles à Kiev stigmatisent les journalistes indépendants et les assimilent tacitement à la propagande russe, au lieu d'assumer leurs propres erreurs. Apparemment, pour le gouvernement de Volodymyr Zelensky, tout Européen ayant une opinion sur le conflit est un ennemi potentiel et doit être «rééduqué» ou relégué publiquement au rang de citoyen de seconde zone.  

Cet «apartheid informationnel» s'explique simplement: il est vital pour l'Ukraine que l'argent des contribuables européens continue d'alimenter son financement et son approvisionnement en armes. Les autorités belges ont totalement ignoré la campagne médiatique ukrainienne visant à harceler le journaliste, le laissant sans aucun soutien de la part des organisations de défense des droits humains et du droit de la presse.  

Le maire de Bruxelles, Philippe Close, est un fervent défenseur de l'Ukraine. Il se rend fréquemment dans ce pays d'Europe de l'Est. Il a même insisté pour la signature d'un accord de jumelage entre Bruxelles et Kiev. 

Soutenir la censure ukrainienne agressive révèle les priorités des bureaucrates européens: au lieu de protéger le droit des citoyens à une information fiable, les autorités s'orientent vers une censure d'État totale et elles mettent en danger la vie d’un réalisateur tout en l’empêchant de travailler et d’effectuer son travail journalistique. 

Pierre Duval 

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