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Ni paix ni guerre: les négociations entre les États-Unis et l'Iran en sursis

 

21.04.2026

À l'approche de l'expiration le 22 avril de la trêve en cours, la Maison Blanche a intensifié ses tentatives pour conclure la paix. Elle affichait sa certitude de pouvoir convaincre les Iraniens d'accepter les conditions américaines. Donald Trump a même déclaré qu'un accord serait signé le 20 avril. À l'heure actuelle, il n'est pas clair si les négociations américano-iraniennes auront lieu. En même temps, la situation de ni paix ni guerre, qui provoque des fluctuations chaotiques des prix du pétrole, ne convient à aucun des pays impliqués dans le conflit. Cela joue objectivement en faveur de la paix. 

Les espoirs placés dans le processus de négociation à Islamabad ont été en grande partie dissipés par les événements des dernières semaines. 

Non seulement le premier tour s'est soldé par une impasse, mais même les conditions de la trêve n'ont pas pu être respectées. Les États-Unis accusent l'Iran de violer la trêve en fermant le détroit d'Ormuz, tandis que l'Iran accuse les États-Unis de violer la trêve par leur blocus. 

Il est révélateur qu'à l'heure actuelle, le marchandage ne porte pas sur la paix ni sur une solution de fond pour sortir du conflit. Ce qui se joue en ce moment, c'est de savoir si les négociations auront lieu ou non. 

Il semble que l'objectif de Trump soit d'exercer une pression maximale sur l'économie iranienne déjà ruinée (par le blocus et éventuellement par de nouvelles frappes) afin que Téhéran cède à ses exigences tant sur le programme nucléaire que sur le détroit d'Ormuz. 

Cependant, l'histoire montre que la république islamique ne réagit pas à une pression ouverte. À l'heure actuelle, cette pression n'a fait que durcir la position iranienne dans les négociations. 

Plusieurs dénouements sont possibles. Les États-Unis peuvent intensifier leurs frappes contre l'Iran, en tenant leur promesse de détruire des ponts et des centrales électriques, ou simplement continuer à bloquer les pétroliers iraniens. Ils peuvent aussi prolonger la trêve et donner une nouvelle chance aux négociations. Puis la prolonger encore et accorder une nouvelle chance. Puis encore une fois. 

Le 20 avril aurait pu entrer dans l'histoire comme le jour où la guerre entre les États-Unis et l'Iran a pris fin. C'est du moins ce qu'a promis Trump. "L'accord sera signé ce soir", a-t-il prédit lundi matin lors d'un entretien avec la chaîne Fox Business. 

Un peu plus tôt, lors d'un entretien téléphonique accordé au New York Post, Trump avait déclaré que la délégation américaine avait déjà décollé pour Islamabad. Le Pakistan a assumé le rôle de médiateur dans le processus de négociation. 

Selon Trump, la délégation américaine comprend l'envoyé spécial du président américain pour le Moyen-Orient Steve Witkoff, le vice-président J.D. Vance et Jared Kushner, qui n'occupe aucune fonction au sein de l'administration de la Maison Blanche, mais qui est le gendre du président. Des signaux moins encourageants apparaissaient dans les médias américains. 

La chaîne CNN, citant ses sources, a qualifié les propos de Trump concernant le départ de la délégation pour Islamabad de "prématurés". Vance n'aurait en effet prévu de s'envoler pour Islamabad que mardi soir. CNN a ainsi pronostiqué que si l'accord était réellement conclu, cela se produirait littéralement quelques heures avant l'expiration de la trêve. À propos, la question de savoir quand celle-ci expirera est elle aussi sujette à débat. En annonçant le 7 avril un cessez-le-feu temporaire de deux semaines, Trump n'avait pas précisé s'il prendrait fin à minuit ou le matin du 22 avril. 

Les déclarations des responsables iraniens ne donnaient pas non plus de raisons d'être optimiste quant à une fin rapide du conflit. Il n'y a pas de refus catégorique des négociations de leur part. Toutefois, à la veille des déclarations de Trump sur un accord imminent, les Américains ont attaqué un pétrolier iranien dans le détroit d'Ormuz. Téhéran a interprété cela comme la preuve que les États-Unis ne voulaient pas négocier. "À l'heure actuelle, c'est-à-dire avant que je ne me présente devant vous, nous n'avons aucun projet concernant un deuxième tour de négociations", a déclaré le 20 avril le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmail Baghaei lors d'une conférence de presse au siège du ministère, retransmise par les médias iraniens. 

Les autorités iraniennes ne parlent ni d'une levée du blocus du détroit d'Ormuz ni a fortiori d'un quelconque accord concernant leur programme nucléaire. Baghaei a ainsi commenté la question d'un éventuel transfert aux États-Unis de l'uranium iranien enrichi: "Pour nous, cette option n'est même pas à l'ordre du jour." 

Dans le même temps, ce lundi, les autorités iraniennes ont présenté la facture aux États-Unis et à Israël: elles ont rendu publiques les pertes subies par le pays pendant la guerre. Le directeur de l'Organisation de médecine légale Abbas Masjedi a indiqué que, selon les informations au 10 avril, 3.375 personnes ont péri. Il n'a pas précisé combien de combattants sont inclus dans ce chiffre, mais a fourni des données indirectes témoignant de l'ampleur des pertes parmi la population civile. Selon Masjedi, sur les 3.375 morts, 7 avaient moins d'un an, 255 avaient entre 1 et 12 ans, et 121 avaient entre 13 et 18 ans. 60 des victimes avaient 71 ans ou plus. Les responsables iraniens avaient auparavant déclaré à plusieurs reprises qu'ils exigeraient des États-Unis le paiement de compensations pour les personnes tuées et les destructions infligées au pays. Apparemment, ces paiements constituent l'une des conditions iraniennes pour les négociations. Une condition que la Maison Blanche ne jugera sans doute acceptable en aucune circonstance. 

La seule chose qui pourrait sauver la situation à l'heure actuelle, c'est l'originalité de Trump. On peut par exemple tout simplement mettre fin à l'affaire sans aucun accord, ni paix ni guerre. Il est vrai qu'un tel geste ne sauvera pas la réputation de Trump aux yeux des électeurs, et l'Iran ne rendra pas si facilement le détroit d'Ormuz. 

Autrement dit, le scénario de travail est celui d'une nouvelle réalité dans la région, faite de blocus, de fermetures et d'une lente strangulation de l'Iran en vue de le transformer en État failli. Quant à la manière dont le monde vivra avec cela, c'est une autre question.

Aucun représentant de l'Iran n'est pour l'instant arrivé à Islamabad pour les discussions avec Washington, ni même n'a quitté le pays à destination du Pakistan, a rapporté la radiotélévision publique iranienne.

Selon la chaîne, aucune délégation iranienne - "ni principale, ni secondaire, ni préliminaire, ni complémentaire" - ne s'est rendue à Islamabad à ce stade. Elle dément catégoriquement toute information médiatique faisant état du départ ou de l'arrivée au Pakistan de membres de la délégation iranienne.

CNN avait annoncé plus tôt que le deuxième round des négociations aurait lieu mardi 22 avril au matin, la délégation américaine étant conduite par le vice-président J.D. Vance.

Une source de la chaîne Al-Hadath évoquait une arrivée simultanée des deux délégations mardi à Islamabad, tandis qu'Al Jazeera affirmait qu'une "délégation préliminaire" iranienne était déjà arrivée au Pakistan.

Alexandre Lemoine

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