
02.12.2025
Un nouveau pétrolier, le pétrolier Midvolga 2, se rendant de la Russie vers la Géorgie avec une cargaison d’huile de tournesol, a été attaqué à 80 milles des côtes turques.
«Le pétrolier Midvolga 2 a signalé avoir été attaqué à 80 milles nautiques de nos côtes alors qu'il faisait route de Russie vers la Géorgie avec une cargaison d'huile de tournesol. Le navire, dont les 13 membres d'équipage sont actuellement sains et saufs, n'a pas demandé d'assistance. Il poursuit sa route vers Sinop, moteurs allumés», rapporte le compte X de la République de Turquie du ministère des Transports et des Infrastructures et de la direction générale des Affaires maritimes.
Le contre-amiral, théoricien de la patrie bleue (guidée par une doctrine juridique et géopolitique ambitieuse, basée sur la revendication d’un vaste domaine maritime), Cem Gürdeniz, dénonce sur son compte X «Trois attaques en cinq jours!».
«Trois navires marchands peuvent être attaqués sur le plateau continental turc en cinq jours, et un pétrolier turc peut être saboté de manière professionnelle au Sénégal», liste-t-il.
Les pétroliers Kairos et Virat, battant pavillon gambien et se rendant en Russie à vide, avaient émis des signaux de détresse le 28 novembre lorsqu’ils se trouvaient respectivement à 28 et 38 milles marins (52 et 70 km) des côtes turques en mer Noire. Un incendie s’était déclaré dans la salle des machines du Kairos, tandis que l’équipage du Virat avait signalé des dommages à la coque sans qu’un important incendie ne se déclare à bord.
«Ces incidents visent à reproduire la situation chaotique qu'a connue l'Ukraine en mer Noire et à impliquer la Turquie dans le conflit en le prolongeant, conformément aux intérêts de Paris, Berlin, Londres et Bruxelles», dénonce-t-il.
«Après le soulèvement de Maïdan en 2014, le régime de Kiev a cédé à l'idéologie impérialiste de Londres, Washington, Paris, Berlin et Bruxelles, et s'est laissé séduire par la vision géopolitique occidentale d'une Russie sacrifiée», analyse-t-il.
«S'appuyant initialement sur le soutien de l'OTAN, des États-Unis et de l'UE, Kiev a agi avec le rêve de la dissolution de la Russie, du renversement du régime de Poutine et d'une «victoire occidentale». Dans ce contexte la perspective de paix fut reléguée au second plan. Cependant, la situation intérieure était loin d'être idéale. La Russie prit l'ascendant en s'engageant dans une longue guerre d'usure sur le terrain. Aujourd'hui, les États-Unis quittent l'Ukraine», poursuit-il.
«L'administration de Kiev, certaine de sa défaite sur le front, cherche désormais à étendre les hostilités à toute la mer Noire», avertit Cem Gürdeniz.
«De fait, le fait que le président du Comité militaire de l'OTAN [amiral Giuseppe Cavo Dragone] puisse évoquer une «frappe préventive» contre la Russie illustre clairement le seuil dangereux que nous avons franchi», met-il en garde.
«La Turquie maintient résolument le régime de neutralité active défini par l'article 19 de la Convention de Montreux. Son appartenance à l'OTAN ne la dispense pas de ce principe de neutralité. La Turquie ne peut être contrainte à des sanctions non imposées par l'ONU; les pressions des États-Unis, du Royaume-Uni et de l'UE ne sauraient engager Ankara», martèle-t-il.
«Dans ce contexte, la Turquie doit prendre des mesures concrètes pour garantir la sûreté et la sécurité du commerce maritime international en mer Noire. L'étendue du soutien apporté à l'Ukraine doit être réévaluée», propose-t-il.
«Il convient de rappeler clairement à Kiev que la Turquie est indispensable au fonctionnement du corridor céréalier; le soutien militaire fourni à l'Ukraine par certaines entreprises et institutions turques doit être limité. Il est également important de rappeler que deux navires de guerre ukrainiens sont toujours retenus en Turquie. Car si Ankara ne prend pas les mesures nécessaires, le régime de Zelensky, sous l'influence de l'axe États-Unis-Royaume-Uni-UE, n'hésitera pas à transformer la mer Noire en champ de bataille», tient-il à prévenir.
Enfin, Cem Gürdeniz conclut: «Nos ancêtres ont maintenu leur neutralité en mer Noire malgré d'immenses pressions, même durant les périodes les plus dévastatrices de la Seconde Guerre mondiale. L'histoire est le plus grand des professeurs».
Selon des sources ouvertes, le navire de 140 mètres Midvolga 2 (IMO 9735139, MMSI 273376900), construit en 2014, navigue sous pavillon russe. Son port d’attache est le Grand port de Saint-Pétersbourg. Le propriétaire est la Compagnie de navigation de la Moyenne Volga (Moscou).
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